Les valeurs de plans au cinéma.

François Truffaut fait un cadre avec ses mains

VOTRE PREMIER COURT-METRAGE EN 5 SEMAINES

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Vous souhaitez réaliser un film, mais vous ne maîtrisez pas les valeurs de plans ? 😮

Alors laissez-moi vous dire une chose : vous êtes sacrément dans la merde ! 😀

La notion de valeurs de plans (ou échelle de plans) est LA notion la plus élémentaire de la mise en scène au cinéma. Si vous aspirez à devenir cinéaste, vous ne pouvez tout simplement pas ignorer ce concept et son influence sur l’audience d’une oeuvre cinématographique.

Avant d’entrer dans le vif du sujet, je vous propose de faire un petit rappel des fondamentaux…
( genre la base de la méga baaase quoi ! 😛 )

Le plan.

Le plan est la plus petite unité cinématographique. Il se construit de plusieurs images étalées dans le temps. Ces images ont pour vocation de créer l’illusion d’un mouvement et de transmettre des informations à l’audience pendant une certaine durée. Cette durée est elle-même définie par un début et une fin qui peuvent varier lors du processus de montage.

Le plan resulte donc avant tout du montage !

Je me permets d’insister sur ce point, car j’ai souvent lu ou entendu que le plan correspondait à la matière image produite sur le plateau de tournage entre les très emblématiques “Action !” et “Coupez !”. Sur un plateau on parle effectivement de “plan” mais il s’agit d’un abus de langage. En réalité, on fait des prises dans le but de produire les plans nécessaires à la construction du film.

Vous allez peut-être me dire que je joue sur les mots, mais j’aime la précision quand est question de définir clairement les choses.

Sinon après c’est rapidement la fête du slip lorsqu’il faut passer aux notions plus complexes 😛

La continuité narrative.

Votre rôle en tant que cinéaste, est de construire une continuité narrative cohérente en accord avec votre intention créative.

Cette continuité narrative se construit elle-même séquence après séquence, plan après plan. Le principe fondamental de la mise en scène au cinéma, est donc de guider l’attention spectateur tout au long de cette continuité. À chaque nouveau plan, le film propose à l’audience un nouveau point de vue sur la situation qui lui est montrée.

Par exemple, si vous souhaitez mettre en scène un personnage qui marche dans la rue, vous pouvez choisir de faire plusieurs plans pour guider l’attention du spectateur tout au long de l’action.

Pour construire une continuité narrative cohérente et en accord avec ce que vous souhaitez transmettre, vous allez donc avoir besoin de comprendre quel impact aura chacun de vos plans sur l’audience. Cette continuité se construit généralement lorsqu’il s’agit de faire un découpage technique. C’est à ce moment-là que vous décomposez le scénario plan par plan en définissant votre intention de mise en scène. C’est aussi à ce moment-là que vous devez maîtriser et appliquer la notion de valeurs de plans (ou échelle de plans).

Un cinéaste qui ne comprend pas cette notion, ne comprend pas les bases les plus élémentaires du langage cinématographique. Il ne peut donc pas comprendre sa propre intention de mise en scène, et n’a absolument aucun contrôle sur ce qu’il décide de transmettre à l’audience de son futur film. Il faut avouer que ça craint un peu beaucoup quand même… 😕

Mais rassurez-vous, vous ne serez jamais ce cinéaste ! 😛

La valeur de plan.

La valeur (ou l’échelle) d’un plan détermine l’importance donnée au sujet filmé dans l’image.

Attention : la valeur d’un plan n’a strictement rien à voir avec la distance entre la caméra et le sujet filmé. Même si la caméra est placée loin du sujet, il est tout-à-fait possible de donner une grande importance à celui-ci dans l’image. À l’inverse, ce n’est pas parce que la caméra est placée plus proche du sujet filmé, que celui-ci occupe nécessairement une place importante dans l’image.

schéma différence distance et valeur de plan

Je vous propose donc de voir ensemble les 10 valeurs de plans qui constituent la base du langage cinématographique. Mais avant d’entrer dans le vif du sujet, je vous propose de faire une petite mise au point sur la pratique.

Comme je vous l’ai mentionné un peu plus haut, la mise en scène se construit essentiellement au moment de faire le découpage technique. Ce dernier se présente sous la forme d’un document dans lequel est décrite la mise en scène grâce aux valeurs de plans, aux mouvements de caméra et à toute autre information pertinente. En ce qui me concerne, je note les noms complet des valeurs de plans dans un soucis de clareté par rapport à toute l’équipe ( et aussi pour éviter de me perde 😛 ). Il est néanmoins tout-à-fait possible de noter uniquement des abréviations. Pas de panique, pour chacune des valeurs mentionnées dans cet article, je vous note également l’abréviation correspondante 😉

Même si vous construisez l’essentiel de votre mise en scène au moment de faire votre découpage technique, vous aurez très probablement l’occasion d’affiner ou de repenser certains plans au moment du tournage. Certains cinéastes utilisent même ce qu’on appelle un chercheur de champ ou viseur de champ (viewfinder en anglais) pour visualiser plus facilement le champ de la caméra.

Christopher Nolan utilise un viseur de champ

C’est un outil particulièrement intéressant si vous tournez avec une caméra lourde, mais si vous tournez avec un appareil photo réflex capable de filmer, gardez à l’esprit que vous avez déjà un viseur de champ à dispo 😉

Bref, vous avez compris l’essentiel !

Et si on attaquait les valeurs maintenant… 😛

1. Plan général (PG)

Le plan général est souvent utilisé pour placer la situation et se faire une idée de la topologie des lieux d’une séquence ou d’un plan. Il s’agit d’ailleurs de la valeur privilégiée lorsqu’il est question de transmettre des informations sur le lieu, le moment de la journée ou encore le climat. Mais je vous encourage tout de même à gardez à l’esprit que vous faites du cinéma. Vous écrivez par l’image ! Il est tout-à-fait possible de transmettre des informations au spectateur sans nécessairement passer par un plan général.

Vous pouvez par exemple indiquer le moment de la journée en décidant de montrer uniquement une horloge ou une montre. Vous pouvez aussi indiquer le temps qu’il fait en filmant des gouttes de pluie sur une feuille. Si vous souhaitez vous affranchir de l’image, vous pouvez également proposer une ambiance sonore de pluie sur un écran totalement noir.

La seule information qui reste plus difficile à transmettre au spectateur sans utiliser un plan large, est la topologie d’un lieu. En effet, seule une vue générale d’un lieu permet de rendre compte de sa topologie. Sinon, vous pouvez toujours opter pour une caméra en mouvement qui parcours les lieux. Mais c’est plus complexe à mettre en pratique et cela ne correspond pas forcément à votre intention de mise en scène.

Je vous encourage également à gardez à l’esprit qu’un plan général peut être utilisé dans un autre but que celui de mettre en place une situation.

Vous pouvez par exemple choisir de faire un plan général pour évoquer une certaine symbolique ou une émotion particulière. Même si le spectateur ne peut pas voir les émotions de vos personnages, il peut les comprendre en fonction de leur rapport avec le contexte dans lesquels vous décidez de les placer.

Plan général de 28 jours plus tard

28 jours plus tard : La voiture des personnages du film se dirige vers un horizon en flammes. En un plan général, le cinéaste Danny Boyle met en place les prémisses du danger qui attend les personnages.

Enfin, vous pouvez utiliser le plan général dans une perspective purement spectaculaire. Les films catastrophes tirent souvent profit de cette valeur de plan pour accentuer leur effet dramatique.

Fin du monde dans le film 2012 de Roland Emmerich

2. Plan d’ensemble (PE)

Le plan d’ensemble est en quelque sorte le petit frère du plan général. Là où le plan général permet de placer une situation dans sa totalité, le plan d’ensemble permet d’être plus spécifique.

Plan d'ensemble dans le film Oblivion

Par exemple, vous pouvez choisir de faire un plan général d’une ville, puis un plan d’ensemble d’un immeuble de cette ville, pour finalement terminer par le plan d’un personnage dans une chambre. Par ce choix de mise en scène, vous poussez l’audience à admettre que le personnage de la chambre se situe dans l’immeuble que vous avez montré sur le plan d’ensemble (qui se situe lui-même dans la ville montrée sur le plan général).

Gardez à l’esprit que ce n’est pas parce que le spectateur admet cette topologie des lieux, qu’elle est forcément réelle 🙂 Si vous souhaitez faire croire que votre personnage est dans un immeuble, rien ne vous empêche de filmer l’immeuble et de tourner ensuite l’action du personnage dans une chambre qui n’est pas réellement dans l’immeuble que vous avez filmé… c’est clair non ? 😀 Cette astuce de montage qui respose sur la succession de plusieurs valeurs, peut vous évitez beaucoup de contraintes de tournage 😉

On parle également de plan de demi-ensemble. Il s’agit en quelque sorte du petit frère du plan d’ensemble. On peut par exemple choisir de faire un plan éloigné de la fenêtre de l’immeuble, avant d’entrer dans la chambre avec le personnage. Ce plan serait donc un plan de demi-ensemble de l’immeuble.

Plan de demi-ensemble dans le film Oblivion

Le plan de demi-ensemble est généralement noté PDE.

3. Plan moyen / Plan pieds (PM/PP)

Le plan moyen permet de cadrer les personnage de la tête au pied. Il est d’ailleurs aussi appelé plan pied ou plan en pied.

Attention : il existe une idée reçue selon laquelle le plan moyen englobe seulement une partie du personnage de la tête à la poitrine, ou même de la tête à la taille. C’est totalement faux !
( ça… c’est fait ! 😀 )

Si vous souhaitez présenter un nouveau personnage aux spectateurs, le plan moyen peut être un choix assez intéressant. Il est d’ailleurs souvent utilisé dans cette perspective. Mais ce n’est pas non plus une obligation et il peut parfois être plus intéressant de dévoiler un personnage progressivement pour maintenir un certain suspense par exemple.

Plan moyen dans Man of Steel

On peut considérer le plan moyen comme une valeur qui marque un premier seuil au niveau cinématographique. Toutes les valeurs précédentes sont avant tout des valeurs de situation. À partir du plan moyen, toutes les valeurs permettent de valoriser avant tout l’action et les personnages.

Un plan moyen permet encore de montrer au spectateur une partie du contexte dans lequel évolue les personnages. Ce n’est plus le cas avec les valeurs suivantes. Autrement dit, l’action prend le dessus sur la situation.

4. Plan italien (PI)

Alors là, je n’ai qu’une seule chose à dire : c’est le bordel ! 😀

Tout d’abord, il ne faut pas confondre plan italien et format italien. Le second correspond au ratio de l’image d’un film. Le format italien correspond à un ratio de 1.75:1. Mais ce n’est pas le sujet de cet article, donc… on s’en fout ! 😀

Ensuite, il faut savoir que la définition de cette valeur de plan n’est pas très claire pour tout le monde. Il existe en effet deux versions du plan italien.

Version n°1 : Le plan italien permet de filmer un personnage du haut de la tête jusqu’au bas des genoux.

Version n°2 : Le plan italien permet de filmer un personnage du haut de la tête jusqu’aux chevilles.

Et vous savez quoi ?
Là aussi on s’en fout parce qu’on va partir du principe que le plan s’arrête aux mollets ! 😀

Plan italien dans Il était une fois dans l'ouest

Dans tous les cas, il existe une règle d’or de la mise en scène cinématographique, que je vous encourage vivement à gardez bien au chaud dans un coin de votre tête :

On ne coupe jamais un plan au niveau des articulations d’un personnage.

Sauf si vous souhaitez appuyer une intention créative particulière, bien entendu. Mais par défaut, partez toujours du principe qu’il est formellement déconseillé de poser la limite de son plan sur les articulations d’un personnage. Ce choix de cadrage peut rapidement créer une image dissonante comportant un déséquilibre dans sa composition.

Bien entendu, cela ne compte pas vraiment de la cas d’un mouvement. Vous pouvez souhaitez faire un travelling avant sur un personnage par exemple. Si vous passez d’un plan moyen à un plan plus proche du visage, vous passerez forcément par un plan italien. Pour être plus exact, je dirais qu’il ne faut jamais s’arrêter sur une valeur de plan qui coupe les articulations. 😉

En réalité, le plan italien est une valeur assez particulière, car elle est davantage issue de considérations historitiques ou techniques, que d’une véritable intention créative.

Plusieurs raisons tentent d’expliquer l’origine de cette valeur de plan, et pour être tout-à-fait honnête avec vous, je n’ai jamais réussi à obtenir le fin mot de l’histoire ! 😕

Je vous propose donc de choisir celle qui vous plaît ! Attention mesdames et messieurs ! Les jeux sont faits, rien ne va plus !… 😀

Raison n°1 : Le plan italien est apparu après la seconde guerre mondiale. Il répondait à cette époque à la nécessité de filmer les mutilés de l’après guerre qui avaient perdus leurs pieds ou leurs jambes. On filmait donc les comédiens jusqu’aux mollets pour éviter de voir qu’il leur manquait des membres.

Raison n°2 : Après la seconde guerre mondiale, l’industrie de la chaussure était hors service en Italie. Les comédiens portaient toujours des costumes sur mesure en fonction de leurs personnages, mais les chaussures étaient à leur charge personnelle. Tout le monde portait des chaussures usagées… le plan italien a donc été créé pour les cacher aux yeux des spectateurs.

Raison n°3 : Le plan italien a été créé pour éviter de voir les chaussures trop luisantes des comédiens qui les ciraient jusqu’à les faire briller de manière excessive. Certaines versions de cette histoire expliquent même que les caméras étaient trop éblouies par les reflets des chaussures… mdr ! 😀

Raison n°4 : Lorsque Adolf Hitler et Benito Mussolini se présentaient côte-à-côte publiquement, Mussolini était surélevé d’un cran pour ne pas paraître petit à côté de l’autre grand malade de l’humanité du Führer (Mussolini mesurait 1,69m contre 1,75m pour Hitler). Pour cacher le subterfuge, la télévision a décidé de filmer les deux hommes en les coupant au niveaux des mollets. Le plan italien était né !

Raison n°5 : Les italiens sont les premiers dans l’histoire du cinéma à avoir produit des super productions. Dans les peplums des années 1910, les comédiens portaient des toges et des épées très longues. Le plan italien a été inventé pour pouvoir voir ces accessoires entièrement dans l’image.

5. Plan américain (PA)

Comme le plan italien, le plan américain est lui aussi issu de considérations historiques et techniques. Il a en effet été créé pour permettre aux spectateurs de voir les revolvers des cow-bows des westerns des années 1930.

Plan américain dans le film Le Bon, la Bruite et le Truand

Contrairement au plan italien, le plan américain est encore largement utilisé dans beaucoup de films et séries.

Le plan américain permet de conserver une petite partie de la contextualisation (assez pour ne pas rendre confuse la compréhension des lieux par le spectateur) tout en intensifiant la focalisation sur l’action des personnages.

Dans le cas d’un dialogue entre plusieurs personnages, vous pouvez par exemple choisir de faire un plan moyen pour présenter les personnage, puis continuer en plan américain pour impliquer davantage le spectateur dans le dialogue.

6. Plan taille / Plan rapproché taille (PT/PRT)

Le plan taille (ou rapproché taille), comme son nom l’indique, permet de filmer les personnages du haut de la tête à la taille.

Mais attention tout de même !

Pour rappel…

On ne s’arrête jamais sur une valeur de plan qui coupe les articulations d’un personnages.

Lorsque vous filmez un personnage en plan taille, l’idéal est de ne jamais placer la limite de votre image pile sur la taille du personnage. Placez cette limite toujours légèrement au-dessus de la ceinture.

Plan moyen dans No Country For Old Man

Le plan taille permet déjà au spectateur de se rendre compte des émotions du ou des personnages filmés. Mais la proximité n’est pas encore assez forte pour pouvoir impliquer réellement l’audience dans la bulle émotionnelle et psychologique du personnage.

L’avantage du plan taille est qu’il tend à éliminer une bonne partie du contexte, pour focaliser l’attention du spectateur sur le ou les personnage(s) filmés. Ce qui implique aussi de pouvoir susciter l’imagination de l’audience, dans le cas ou le personnage dirige son regard vers l’extérieur du cadre (hors champ).

7. Plan poitrine / Plan rapproché poitrine (PP/PRP)

Tout comme le plan taille, le plan poitrine (ou plan rapproche poitrine) porte bien son nom. Il permet de filmer un personnage du haut de la tête à la poitrine.

Il est assez exceptionnel d’utiliser le plan poitrine pour filmer deux personnages en même temps. Cela se fait généralement lorsque deux personnages ont une proximité très forte entre eux par exemple (bien que les distances à l’écran paraissent souvent plus grandes que dans la réalité).

Plan poitrine dans Drive

En règle générale, le plan poitrine marque donc le seuil à partir duquel la mise en scène se concentre plus souvent sur un sujet unique. Il est d’ailleurs assez courant d’utiliser cette valeur de plan pour isoler chacun des participants d’un dialogue par exemple.

Le plan poitrine peut donc vous permettre de focaliser l’attention de l’audience sur un personnage à la fois. Ceci en donnant la possibilité d’apprécier le jeu des regards et les expressions du visage.

Encore une fois, attention aux articulations ! Lorsque vous faites un plan poitrine, évitez absolument de poser les limites de votre image sur les coudes de votre (ou vos) personnage(s).

8. Gros plan / Plan serré (GP/PS)

Le premier cinéaste ayant filmé un gros plan est George Lucas Albert Smith en 1899 dans le film Phantom Ride. Il s’agissait du gros plan… d’un chat en train de manger !
( le mec voulait déjà faire le buzz sur le web ! 😀 )

Le gros plan (ou plan serré) marque un nouveau seuil au niveau du langage cinématographique. Il permet toujours de mettre en valeur l’action, mais ajoute un nouveau facteur : celui de l’importance accordée aux détails de cette action.

Gardez toujours bien à l’esprit qu’un gros plan ou très gros plan sur un sujet en particulier signifie explicitement :

“Attention spectateur ! Ceci est (très) important !”

Gros plan des pillules dans Matrix

Si vous choisissez de faire un gros ou un très gros plan sur un élément en particulier, le spectateur s’attendra à ce que celui-ci soit utile dans l’immédiat ou dans la suite du film. Dans certains cas, cela peut donc rendre votre histoire beaucoup plus prévisible que prévu ! Si vous faites un très gros plan sur une peau de banane posée sur un trottoir, et qu’ensuite vous montrez un personnage qui marche tranquillement… on se doute un peu beaucoup de la suite ! À vous d’en jouer et de manipuler le spectateur selon votre intention 😉 ( en fait le personnage ne glisse pas sur la peau de banane, mais un piano lui tombe sur la gueule sans prévenir ! 😀 )

Lorsque vous choisissez de faire un gros plan sur un personnage, vous créez une grande proximité émotionnelle et psychologique avec l’audience. L’objectif est clairement de faire oublier le contexte au spectateur, afin de garantir que son attention sera à 100% focalisée sur le jeu du comédien.

Gros plan de Tom Hanks dans Il faut sauver le soldat Ryan

Attention : un gros plan ne se filme pas n’importe comment ! En règle générale, le gros plan va du milieu du front aux haut des épaules. On ne coupe surtout pas au niveau du cou ! C’est une articulation ! 🙂

9. Très gros plan / Plan très serré (TGP/PTS)

Lorsque vous souhaitez attirer l’attention de l’audience à 2000% sur un détail en particulier, vous pouvez faire usage du très gros plan (ou plan très serré). Attention à bien utiliser cette valeur de plan à des moments pertinents.

Faire un très gros plan d’un élément, équivaut à dire au spectateur que celui-ci est capital pour l’histoire !

Très gros plan de l'anneau dans Le seigneur des anneaux

Gardez aussi à l’esprit que si vous cadrez un chewing-gum en très gros plan, votre chewing-gum prendra potentiellement la taille d’un écran de cinéma !! ( je filmerais bien une araignée en très gros plan pour voir ce que ça donne tient !… 😀 )

Le très gros plan permet aussi de focaliser l’attention du spectateur sur une partie bien spécifique du visage d’un personnage. Les yeux sont souvent choisis car ils constituent le vecteur privilégié des émotions. Ce n’est évidemment pas une règle absolue 😉

Un plan très serré sur le détail d’un visage, peut donc instaurer une proximité très forte entre le spectateur et le personnage.

Très gros plan de Tom Hanks dans Il faut sauver le soldat Ryan

10. Plan macro (MACRO)

Le plan macro est un plan issu du domaine de la photographie ( quand je vous dis que le fait d’apprendre la photo est un atout pour devenir cinéaste ! 😀 ).

Il s’agit en quelque sorte du petit frère du très gros plan. L’idée est de montrer un détail très difficile à appréhender à l’oeil nu. Lorsque le plan macro est utilisé pour filmer une partie du visage d’un personnage, il permet de créer une intimité extrême avec ce personnage. Il peut même permettre à l’audience de se rendre compte de transformations physiologiques du personnage suite au ressenti de certaines émotions (goutte de sueur, chair de poule, etc.). Des transformations dont le personnage n’a même pas forcément conscience.

Plan macro d'un oeil

BONUS : Le plan subjectif

Le plan subjectif est une valeur assez particulière. La caméra ne filme plus un personnage, elle devient un personnage à part entière !

Alien 3 point de vue de l'alien

Ce plan est généralement réalisé en caméra portée dans le but de faire rapidement comprendre à l’audience qu’il représente le point de vue d’un personnage vivant.

Pour aller plus loin...

Écrire et présenter un scénario est une tâche assez délicate n'est-ce pas ?
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  • 1 scénario d’exemple. Disponible en 2 versions, (avant et après correction).
3 commentaires
  1. Christian 1 mois ago

    Bonjour, Marc. Je ne comprend pas quelque chose dans votre article. Quand vous dîtes que le plan résulte avant tout du montage et sur le plateau il est question de “prise”. Est ce qu’on film une scène et après on rogne l’image de sorte à obtenir un plan taille ou épaule etc?
    Pourrai vous m’expliquer s’il vous plaît?
    Merci

    • Marc Auteur
      Marc 1 mois ago

      Bonjour Christian,

      En réalité vous n’êtes pas loin d’avoir compris l’idée. L’image peut effectivement être rognée si besoin au moment du montage, mais ce n’est pas une obligation et ce n’est pas ce que j’ai voulu expliquer ici.

      Le plan est la plus petite unité cinématographique. Autrement dit, dans un film, c’est la plus petite unité capable de transmettre une information par le biais du langage cinématographique. Gardez bien cette notion en tête, on y revient juste après…

      Le processus de montage consiste à prendre la matière filmée lors du tournage, pour sélectionner dans cette matière les parties qui permettent de construire le film. Grosso modo la démarche est la suivante : On visionne la matière image, on détermine ce qui est à jeter et ce qui est à conserver. Et enfin, avec ce que l’on décide de conserver on construit le film plan par plan sur le banc de montage.

      Et j’ai bien écris “plan par plan” 😉

      Chaque nouveau plan posé sur le montage, est une nouvelle unité cinématographique qui transmet une certaine quantité d’informations au spectateur. Ces informations dépendent avant tout des points de coupe choisis au moment du montage (et aussi des plans qui seront raccordés avant et après). Si on décide de faire durer un plan 30 secondes plutôt que 10 secondes, celui-ci aura peut-être une signification bien différente pour l’audience ! En choisissant le début et la fin du plan, on a donc une influence directe sur sa signification. Même sans rogner l’image.

      La notion de “prise” est bien différente. Elle représente uniquement l’action de tourner de la matière image (et audio) sur le tournage. Un film présenté au public ne se constitue pas de plusieurs prises mises bout-à-bout dans le but de construire une continuité narrative cohérente. Il se constitue bel et bien de plusieurs plans. Sur le tournage lorsqu’on dit qu’on fait un plan, en réalité on tourne plusieurs prises dans l’espoir de produire le plan qui sera finalement conservé au montage.

      On peut donc tout-à-fait faire plusieurs prises de 1 à 2 minutes chacune, pour finalement ne conserver que 5 secondes de la matière produite. Ces 5 secondes constituent un plan.

      En bref, on peut dire que :

      • La prise : la matière image et audio produite sur le tournage et nécessaire au processus de montage du film.
      • Le plan : le segment de film conservé au montage, qui participe à la construction de la continuité narrative

      Je ne sais pas si je suis bien clair dans mon explication.
      Mais si vous n’avez pas bien compris, n’hésitez-pas.

      Bien à vous,
      Marc.

  2. Christian 1 mois ago

    Merci Marc.

    Je comprend parfaitement. Encore merci pour ce que vous faite.

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