Star Wars : Monomythe et voyage du héros.

 

VOTRE PREMIER COURT-METRAGE EN 5 SEMAINES

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Le 16 décembre 2015, Disney nous a offert un nouvel épisode de Star Wars. Celui-ci avait la double responsabilité de reprendre l’héritage laissé par George Lucas, et de construire quelque chose de nouveau par dessus.

Mais… le pari est-il réellement réussi ?

Beaucoup de gens voient Le réveil de la Force, comme une copie plus ou moins inspirée de l’épisode 4…

Aujourd’hui, je vous propose de revenir aux origines du mythe sur lequel repose Star Wars, afin de déterminer si oui ou non, l’épisode 7 respecte celui-ci.

Vous pouvez consultez cette analyse en lisant la vidéo disponible dans l’entête de cet article, en écoutant la version audio, ou encore en lisant tout simplement la transcription ci-dessous…

Bien entendu, n’hésitez-pas à partager la vidéo ou l’article (ou les deux 🙂 ), et si vous êtes motivés, je serais très heureux de répondre à vos commentaires.

À très vite ! ;o)



26 juillet 1875

C’est à cette date qu’est né un homme qui deviendra l’un des psychanalystes les plus reconnus de l’histoire : Carl Gustav Jung !

Carl Gustav JungÀ l’issu de ses recherches et de ses expérimentations autour de la psyché humaine, Jung a développé, entre autres, deux concepts fondamentaux de la psychologie analytique.

Premièrement, le concept d’inconscient collectif. Un concept qui se penche avant tout sur les mécanismes communs ou partagés de l’imaginaire humain. Il désigne notamment la propension de ces mécanismes à conditionner les représentations individuelles et collectives.

Inconscient collectif

Deuxièmement, le concept d’archétype. Un concept qui désigne quant à lui, la présence d’un thème universel structurant la psyché de tout individu, quelque soit sa culture.

En clair…
L’inconscient collectif induit l’idée que nous partageons tous des points communs dans notre structure psychologique et dans notre imaginaire. Et ce, quelque soit notre culture. Ces points communs peuvent donc être universellement touchés par le biais de formes et de schémas archétypaux.

archetypes psyché humaine

Ce qui implique énormément de trucs cools quand on veut raconter des histoires !

L’un des premiers à avoir identifier l’intérêt des archétypes dans l’art du storytelling, est un professeur de mythologie comparée et de religion comparée largement reconnu pour ses travaux : Joseph Campbell !

1949

Joseph Campbell publie pour la première fois son ouvrage “Le héros aux mille et un visages”. Avec cet ouvrage, Campbell affirme présenter la structure universelle de toutes les histoires qui ont été racontées depuis que l’aube de l’humanité : le monomythe.

joseph campbell le heros aux mille visagesCampbell a développé cette dernière sur la base des travaux de l’allemand Heinrich Zimmer et sur ceux de notre ami Carl Gustav Jung ! Cette théorie est devenue essentielle. Aussi bien pour permettre de mieux comprendre la psychologie humaine de manière générale, que pour nous aider à y voir un peu plus clair dans ce qui fait la force de tous les plus grands mythes de l’Histoire de l’humanité.

La théorie du monomythe expose l’idée que toutes les histoires racontées depuis toujours, seraient en réalité essentiellement les mêmes. Tout ce qui ferait la différence entre une histoire et une autre ne tiendrait finalement qu’à de simples variations et agencements.

Une théorie qui reste valide, même dans son application la plus élémentaire et qui ne garanti en aucun cas la valeur d’une histoire. L’application du monomythe peut cependant aider à apporter une dimension mythologique au récit, à condition que les principes archétypaux soient utilisés de façon pertinente, en accord avec le propos de l’histoire racontée.

Quelques années plus tard, c’est un autre homme qui s’inspirera à nouveau des travaux de Joseph Campbell : Christopher Vogler. L’ironie veut d’ailleurs qu’il soit né en 1949. Le jour exact de sa naissance reste inconnu à ce jour, mais personnellement j’aime à croire que son existence à commencée précisément le jour de la première publication du “Héros aux mille et un visages”. Bref, revenons au sujet d’origine…

christopher vogler

Vogler devient consultant – script doctor, plus précisément – pour des majors comme Disney. Il parvient à extraire du travail de Campbell un ensemble de concepts s’adressant avant tout aux scénaristes d’Hollywood. Et il finira par publier un livre proposant une synthèse de ses recherches, destinée spécifiquement à l’industrie cinématographique. Le livre de Vogler ne tarde pas à passer entre toutes les mains et à devenir une référence pour tous les scénaristes et producteurs hollywoodiens.

Et la suite… on la connait tous !

La naissance des blockbusters (Jaws), des budgets de plus en plus conséquents au fil des années, la saga Alien étant la parfaite représentante de cette évolution, de moins en moins d’originalité (Jaws 4), encore des suites (Jurassic Park 3), toujours des suites (Transformers 2,3,4,5), des super héros (Iron Man, Man of Steel), des suites de reboots de super héros (Amazing Spiderman 2) et même des reboots de suites de remakes de super héros (Incroyable Hulk) !!

saga alien budget

Bref ! On reviendra sur l’industrie hollywoodienne un peu plus tard.

1973

Un jeune cinéaste du nom de George Lucas, vient tout juste de terminer son dernier long-métrage American Graffiti. Quelque part dans son esprit, se trouve déjà le germe d’une épopée intergalactique prometteuse. Il obtient le financement auprès de la 20th Century Fox pour réaliser un projet basé sur son idée originale et intitulé : Star Wars.

george lucas american graffitiDès le premier film, Lucas s’inspire donc du monomythe pour écrire l’histoire de Star Wars. Il aura même la chance d’échanger plusieurs idées avec Campbell lui-même qui, d’après Lucas, a fait partie des mentors les plus importants de sa vie. [ EDIT : George Lucas rencontre Campbell en 1984, après avoir terminé les épisodes 4,5 et 6. Source : starwars.com ]

L’histoire de l’épisode 4 n’a pas toujours été celle que nous connaissons tous. Les premières versions du scénario qu’a écrit Georges Lucas, étaient très loin de suivre les principes du monomythe. L’une des toutes premières versions de l’épisode 4 a d’ailleurs été publiée sous forme de comic book. Je vous encourage vivement à la lire, ne serait-ce que pour vous rendre compte à quel point la dimension mythologique de l’histoire était bien inférieure à celle que nous pouvons percevoir à travers le film.

L’épisode 4 aurait donc très bien pu sortir en salles en proposant cette version de l’histoire, si Georges Lucas n’avait pas croisé la route de Joseph Campbell et de son monomythe.

25 Mai 1977

Le premier film sort enfin en salles, et la suite… on la connait tous !

Un succès commercial de dingue, un merchandising de folie, une trilogie qui marquera la culture populaire sur plusieurs générations, une prélogie qui se fera littéralement cracher dessus par les fans de la première heure, des séries, des jouets, des attractions, le rachat de Disney, eeeet… pas si vite !

star wars copies

Star Wars a littéralement transcendé toutes les frontières culturelles pour devenir un phénomène majeur de la pop culture à l’échelle mondiale. Le British Film Institute, un établissement public ayant pour rôle d’encourager le développement des arts filmiques sur le territoire du Royaume Uni, a même inclu l’épisode 4 dans sa liste officielle des 50 films à voir avant l’âge de 14 ans.

Star Wars a donc rapidement été relayé au rang d’histoire presque incontournable. Mais ce n’est évidemment pas la seule ni la première histoire au monde a être comprise et acceptée de manière quasi universelle.

Par exemple, les histoires d’Ulysse, de Thésée, de Prométhée, d’Icare et d’Héraclès, dans la mythologie. Ou encore celles de Jésus, Moïse, Mahomet et Bouddha, dans la sphère religieuse et spirituelle. Il s’agit là d’histoires qui ont évidemment grandement inspiré les recherches de Campbell, car elles portent bien souvent en elles les clés fondamentales du mythe universel.

mythes ulysse promethee thesee-heracles-jesus-moise mahomet bouddha

Si l’utilisation du monomythe ne peut justifier à elle seule un tel succès, elle peut en revanche largement être considérée comme un atout majeur. Le simple fait que les majors d’Hollywood continuent encore aujourd’hui à capitaliser sur le canevas élaboré par Christopher Vogler, est une preuve que celui-ci constitue une base de travail fondamentale. On ne change tout simplement pas une méthode qui fait ses preuves.

Depuis le début de la saga Star Wars, le monomythe a toujours servi de modèle d’écriture. Selon moi c’est une très bonne chose, car même si la structure ne fait pas la qualité d’une histoire, elle permet au moins à son auteur de baliser son processus de création, et d’éviter de se perdre dans son propos.

Décembre 2015

Disney a racheté LucasFilm pour 4 milliards de dollars et sort enfin le tant attendu “Star Wars : Le réveil de la Force”.

Et la suite… on la connait tous !rachat disney lucasfilm

Mais au-delà du succès du film au box-office, je souhaiterais aborder avec vous la question assez épineuse du respect de l’héritage Star Wars.

Depuis sa sortie il y a déjà un peu plus d’un an, on peut constater que bon nombre de points plutôt négatifs reviennent régulièrement dans les conversations. À commencer par le casting, les ressemblances frappantes avec l’épisode 4 et la quantité excessive de questions laissées sans réponses.

Chacun est libre de se faire son propre avis sur le film en fonction de sa sensibilité et de ses attentes. Si vous souhaitiez un divertissement efficace dans l’univers de Star Wars, alors il n’y a aucun mal à considérer le film à la hauteur de ses promesses.

star wars le reveil de la force finn et rey

Ceci étant dit, je dois bien avouer qu’il y a quelque chose qui m’agace tout particulièrement, c’est de continuer à entendre, plus d’un an après la sortie du film, que le scénario de l’épisode 7 est un copier/coller du 4, ne faisant que suivre une nouvelle fois le modèle du monomythe !

Eh bien en réalité… lorsqu’on y regarde de plus près, on se rend compte que c’est beaucoup plus complexe que ça en à l’air.

Si dans la forme, l’épisode 7 ressemble effectivement à l’épisode 4 sur énormément de points, dans le fond, eh bien c’est pas la même limonade…

On arrive donc enfin au véritable sujet de cette analyse, mais avant d’aller plus loin, je vous propose de comprendre un peu plus en détails en quoi consiste le monomythe, et comment il se construit.

Pour vous expliquer ses principes fondamentaux, j’ai décidé de mettre de côté les héros de Star Wars, et de prendre en exemple un héros que j’apprécie particulièrement et qui constitue un cas d’application extrêmement précise de la théorie de Joseph Campbell et du canevas de Christopher Vogler : Néo de la trilogie Matrix.

neo matrix

Alors évidemment, le but ici n’est pas d’analyser en détail le parcours de Néo. Je vous propose simplement de considérer le premier film comme support à la compréhension des étapes qui constituent le monomythe.

Le monomythe

Le monomythe se construit autour d’un d’élément fondamental : le héros.
Un personnage amené à vivre une aventure et à évoluer au travers de celle-ci.
On appelle généralement cette aventure “Le voyage du héros”. Le voyage est bien entendu utilisé ici dans un sens métaphorique. Il est censé symboliser le “voyage” de notre vie et refléter l’idée de notre accomplissement en tant qu’individu.

schéma du voyage du héros

Le héros est donc l’élément fondamental du mythe, car c’est à travers lui que nous est transmis l’enseignement du voyage. Tout ce que le héros apprend pendant son voyage est donc destiné avant tout à nourir le propos de l’histoire et la force du mythe.

Ulysse par exemple, sur le chemin du retour vers Itaque, apprendra à faire face à la tentation en puisant dans sa volonté de revenir auprès de sa famille.

Abraham apprendra à ne pas se livrer aveuglément aux décisions de son créateur en sacrifiant un agneau plutôt que son propre fils.

Si l’on décide d’aborder les choses sous l’angle strict de la narration, il est important de préciser qu’un héros n’est pas nécessairement un individu voué à accomplir des prouesses surhumaines. En réalité, il doit surtout s’accomplir lui-même au travers de son “voyage”.

Et c’est tout ce qui fait la force d’un mythe, car même si le héros échoue à devenir un meilleur individu, son parcours reste pour nous une source d’enseignement. Puisque comme le dit le célèbre adage : “ce n’est pas tant la destination qui importe, mais le voyage.”

Eh oui ! Même quand on fait sombrer toute une galaxie dans un désespoir quasi total !
Même ça, tôt ou tard, eh bien ça sert d’enseignement…

Le héros doit donc vivre un parcours initiatique qui le transformera intérieurement ou extérieurement ou les deux.

Peu importe s’il est transformé en bien ou en mal, l’essentiel c’est qu’il ne soit pas le même au début et à la fin de son “voyage” et que sa transformation soit cohérente.

Dans son livre “Le héros aux mille et un visages”, Joseph Campbell décrit le voyage du héros de la manière suivante :

“L’aventure mythologique du héros suit un itinéraire type, qui est une amplification de la formule exprimée dans les rites de passage : séparation-initiation-retour.
Une formule qui pourrait se définir comme l’unité nucléaire du mythe.”

Les 3 étapes du rites de passage décrit par Campbell, correspondent en fait à la fameuse structure en 3 actes : un début, un milieu et une fin.

En réalité, dans l’ensemble du parcours initiatique de notre héros, on peut distinguer non pas 3 mais 12 grandes étapes au total.


UN VOYAGE EN 12 ÉTAPES


1.Le monde ordinaire

Neo à son bureau

Cette première étape sert à définir la normalité pour le héros. C’est en quelque sorte sa zone de “confort” entre guillemets. De cette manière, le monde extraordinaire deviendra facilement identifiable par le public, grâce au contraste évident qu’il y aura entre les deux mondes.

2.L’appel de l’aventure

Ecran de Néo Wake Up

Sans appel, il n’y aurait pas d’histoire.
Le héros est donc logiquement appelé à partir l’aventure et à poursuivre une quête.
L’événement qui appel le héros à l’aventure est généralement qualifié d’incident déclencheur. Il vient tout simplement perturber l’équilibre du monde ordinaire.

3.L’acceptation de l’appel.

Le lapin blanc de Matrix

En règle générale, le héros est réticent à l’idée de partir à l’aventure.
À ce stade, le héros n’a pas encore accepté de partir à l’aventure.
Il a donc encore tout-à-fait la possibilité de rester dans le confort de son monde ordinaire.
L’idée de cette étape est donc de polariser le choix de notre héros. C’est à ce moment-là que le héros accepte intérieurement la première phase de son rite initiatique : la séparation.

4.La rencontre avec le mentor.

Morpheus

Le mentor est une des figures archétypales majeures du mythe.
Cet archétype s’incarne en général dans le personnage d’un individu plus âgé que notre héros, même si ce n’est pas non plus une règle absolue, c’est souvent le cas.
Le mentor a pour vocation d’aider notre héros dans l’accomplissement de sa quête. Cela implique généralement la transmission d’un savoir relatif au monde extraordinaire qui attend notre héros. Par extension, le mentor est aussi très souvent utilisé pour informer le public.
Gandalf nous explique le pouvoir de Sauron et les dangers du Mordor au travers du prisme du héros incarné par Frodon.
Obi-Wan nous explique l’histoire des Jedi, de l’Empire et nous apprend l’existence de la Force.
Morpheus nous explique les règles de la Matrice et de la “vraie” réalité au travers du prisme du héros incarné par Néo.
Ils placent donc tous les trois les règles du monde extraordinaire.
Dans certains cas le mentor peut également offrir un pouvoir au héros, ainsi qu’un objet “magique”. Les termes “pouvoir” et “objet magique” sont à prendre au sens métaphorique bien entendu. Le pouvoir peut par exemple se traduire par une simple idée. L’objet magique peut très bien être un objet totalement dénué de dimension surnaturelle. L’essentiel est que le pouvoir ou l’objet ou les deux, serviront au héros dans l’accomplissement de sa quête.
Par exemple, dans l’épisode 4, Obi-Wan offrira à Luke le pouvoir de la Force et le sabre laser de son père en guise d’objet magique. Dans le cadre strict de l’épisode 4, Luke n’aura besoin que de la Force pour accomplir sa quête. Le sabre ne lui servira réellement que dans les épisodes suivants.
Dans Matrix, Morpheus apprend à Néo à reconsidérer sa vision de la réalité, la véritable histoire du réel, mais aussi et surtout à libérer son esprit pour se défendre contre les agents de la Matrice. Des aptitudes qui lui serviront toutes, tôt ou tard dans le monde extraordinaire. Morpheus n’est d’ailleurs pas le seul mentor de Néo, même s’il conserve le statut de guide principal de sa quête. Trinity, Tank, le petit garçon de la salle d’attente, l’Oracle, lui apprendront également beaucoup de choses sur la Matrice et sur lui-même.

5.Le passage du premier seuil.

Pilule rouge et pilule bleue

Le premier seuil symbolise la frontière entre monde ordinaire et monde extraordinaire.
En passant cette frontière, le héros accepte de se lancer pleinement dans son aventure.
Lorsqu’il franchit le premier seuil et passe dans le monde extraordinaire, le héros concrétise, une bonne fois pour toutes, la phase de séparation de son rite initiatique. Impossible pour lui de faire marche arrière.
En règle générale, ce passage est entraver par le ou les gardien(s) du seuil. Ce gardien s’oppose à l’idée que le héros quitte le monde ordinaire. Il incarne donc la première véritable épreuve que le héros doit franchir. Le gardien du seuil peut être représenté par un ou plusieurs personnages, ou par toute autre difficulté qui entrave le passage du héros dans le monde extraordinaire.

6.La découverte du monde extraordinaire (alliés, ennemis, épreuves)

Réveil de Néo dans la réalité

Le héros s’est donc décidé à plonger dans le monde extraordinaire.
Il est temps pour lui de se faire des alliés, des ennemis et de passer un certain nombre d’épreuves qui le prépareront à affronter de lui-même le monde extraordinaire.
C’est ici que commence la deuxième phase du rite de passage : l’initiation.

7.L’accès au cœur de la “caverne”

Neo arrive dans le hall du building

La caverne est à considérer ici dans un sens métaphorique. Elle incarne le territoire de la plus grande menace que le héros puisse affronter au cours de sa quête. En règle générale, il s’agit de la menace qui s’oppose à l’accomplissement de la quête du héros. L’idée fondamentale de cette étape est d’amener notre héros à plonger au cœur du territoire ennemi. Le héros peut donc être placé malgré lui dans une situation à laquelle il ne s’attendait pas, ou même être poussé à plonger dans le cœur de la caverne par tentation ou pour toute autre raison personnelle.

8.L’épreuve suprême.

Neo évite les balles

Une fois parvenu au fond de la caverne, le héros doit passer l’épreuve suprême.
Cette épreuve marque une transformation majeure du héros. Celui-ci est amené à mourir et à renaître en individu nouveau. La mort et la renaissance peuvent être physique ou intérieure ou les deux.
Cette étape marque un avant et un après dans le voyage de notre héros. Il a appris certaines choses au cours de la première partie de son initiation, et il est temps de valider ces premiers acquis pour pouvoir passer à la seconde partie de son initiation.
En théorie, l’épreuve suprême a même pour but essentiel de préparer notre héros à ce que sera son épreuve ultime lors du climax final.

9.Le trésor.

Neo saute pour attraper Morpheus

Une fois l’épreuve suprême franchie, le héros peut récupérer le “trésor” qu’il recherchait.
Le trésor représente d’une certaine façon la récompense que le héros mérite pour être parvenu à surmonter l’épreuve suprême.

10.Le chemin du retour.

Néo affronte Smith dans le métro

Franchir l’épreuve suprême permet au héros de gagner une bataille mais pas la guerre.
Lorsque le héros revient avec le trésor, il paie les conséquences de sa victoire et doit affronter une nouvelle fois les forces qui s’opposent à sa quête.

11.La résurrection.

Néo arrête les balles

Une nouvelle fois le héros est confronté à une forme de renaissance. Le héros fait face à la mort, extérieure ou intérieure ou les deux. Cette fois-ci, de la renaissance de notre héros dépend l’accomplissement de sa quête. C’est en général le moment du climax, où les enjeux sont à leur niveau le plus haut.

12. Le retour avec l’élixir.

Neo avec ses lunettes de soleil

C’est l’ultime étape du voyage de notre héros.
Ce dernier peut revenir dans son monde ordinaire ou simplement apprécier l’équilibre à nouveau rétabli au sein du monde extraordinaire. L’essentiel est que le héros revienne avec l’élixir ! L’élixir représente l’accomplissement du parcours initiatique. L’élixir, c’est ce que poursuit réellement le héros depuis le début de son voyage, même s’il l’ignorait totalement en partant à l’aventure. L’élixir se concrétise généralement comme une leçon que le héros a finalement apprise au terme de son parcours, et qui vient appuyer le propos de toute l’histoire.
C’est la dernière phase du rite de passage : le retour.

Pourquoi ces étapes sont elles importantes ?

Tout simplement parce qu’elles permettent de mettre en place une certaine logique d’évolution pour notre héros. Bien entendu, il n’est pas obligatoire d’utiliser l’ensemble de ces étapes. Il n’est même pas interdit de changer l’ordre de leur utilisation dans la chronologie du récit. On verra par exemple que l’épisode 4 place l’étape de la découverte du monde extraordinaire avant le passage du premier seuil. Ou encore que l’épisode 6 propose une étape d’acception assez particulière.
Attention tout de même, car toute transgression de ce schéma peut impliquer une reconsidération de la cohérence du parcours initiatique du héros. Et donc par extension, une reconsidération de l’enseignement que nous transmet ce parcours.

Comme on l’a mentionné précédemment, c’est donc la pertinence de l’utilisation de ces étapes et des archétypes qui nous intéresse avant tout. La question est de savoir comment mesurer cette pertinence ? Eh bien tout simplement en mesurant la qualité de l’élixir !
En règle générale, la transformation d’un héros se caractérise essentiellement par une succession d’idées et/ou de valeurs que celui-ci assimile tout au long de son parcours initiatique. Ces idées et/ou ses valeurs qui participent à la construction du propos de l’histoire, s’incarnent précisément dans ce pourquoi le héros poursuit réellement sa quête : l’élixir !

schéma du voyage du héros avec l'elixir

Néo revient de son voyage en ayant appris à croire en lui, à libérer son esprit et à accepter sa condition d’élu.
Frodon revient de son voyage en ayant compris la force des valeurs comme le courage, l’espoir, la détermination et l’amitié.
Peter Parker comprend l’idée qu’un grand pouvoir implique de grandes responsabilités.
Le Batman des frères Nolan apprend à faire preuve d’abnégation vis-à-vis de sa figure de justicier, en acceptant de devenir le coupable dont Gotham a besoin.

L’élixir est donc le point essentiel à analyser si l’on souhaite déterminer la justesse et la pertinence d’un mythe.

 

J’espère que vous êtes prêts, car dans la prochaine partie, on aborde le parcours de Luke Skywalker au sein de la trilogie originelle…

Pour aller plus loin...

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