16 choses à savoir sur le processus créatif des frères Dardenne.

VOTRE PREMIER COURT-METRAGE EN 5 SEMAINES

.

On ne les présente plus !

Palme d’or à de multiples reprises, prix d’interprétation, prix du scénario, grand prix du jury du festival de Cannes… Bref,  Jean-Pierre et Luc Dardenne font partie de ces cinéastes qui construisent une grande partie de l’histoire du cinéma. En 2006, Jean-Pierre Limosin réalise un documentaire sur les deux réalisateurs : Cinéastes de notre temps : Les frères Dardenne. Il les suit sur les lieux qui ont été utilisés dans leurs films et les laisse s’exprimer librement sur leur façon de voir et de concevoir le cinéma.

Aujourd’hui, je vous propose de revenir sur 16 points fondamentaux qui parsèment ce documentaire passionnant, et qui nous permettent de porter un regard nouveau sur la manière de faire des films…

1. Décors / vs / Comédiens

On dit souvent que la réalisation des Dardenne est proche des comédiens et a tendance à oublier l’esthétique de l’environnement. Jean-Pierre Dardenne répond à cela que c’est à la suite de leur expérience sur La promesse, qu’ils ont cherché à éliminer en grande partie le décor qui les avait “asphyxié au sens propre et figuré”.

Si l’environnement est tout de même considéré dans le cinéma des Dardenne, c’est donc bel et bien le comédien qui compte pour eux et qui apporte l’énergie au film.

2. 15h30… ah ! la bonne heure !

Selon les Dardenne, 15h30 c’est l’heure à laquelle un tournage peut atteindre les meilleures performances. L’équipe et les comédiens commencent à fatiguer… ils deviennent bons !

C’est d’ailleurs à ce moment-là que la pluie commence à tomber 🙂

3. Le pouvoir d’un acteur qui débute.

Lorsque l’actrice Émilie Dequenne a été choisie pour incarner le rôle principal de Rosetta, celle-ci n’avait absolument aucune expérience dans le cinéma. Et pourtant, au moment de la première prise, toute l’équipe a été bluffée par sa prestation. Elle a su rester forte dans sa position de débutante et prouver qu’elle pouvait assumer la responsabilité qu’on lui avait assignée. Selon les Dardenne, c’est ce genre de moment qui parvient à souder l’équipe du film jusqu’à la fin du tournage. En l’espace d’un court instant, tout le monde accorde sa confiance à la comédienne.

Par ailleurs, cela oblige les comédiens expérimentés à se remettre en question sur leurs compétences et à abandonner tout ce qui peut leur servir d’échappatoire, de contournement ou même alimenter leur désir de plaire.

Le film a obtenu la Palme d’Or à l’unanimité au festival de Cannes en 1999, et a offert à Émilie Dequenne le prix d’interprétation féminine… Alors ? On se remet en question maintenant ? 😀

4. Même ce que l’on ne voit pas, a de l’importance.

Les frères Dardenne ne donnent jamais d’instructions précises à leurs comédiens, sur la manière de construire leurs personnages. Ils leurs fournissent avant tout une tenue et des accessoires. Ce sont les comédiens qui doivent ensuite apprendre à connaître les individus qu’ils incarnent.

C’est d’ailleurs dans le sens de cette démarche créative, que même ce que l’on ne voit pas à l’image peut avoir une importance majeure. Les deux frères donnent l’exemple d’une comédienne qui portait ses bijoux en dessous de la tenue de son personnage. Ils ont du insister pour qu’elle ne les porte plus, car même si on ne les voyait pas à l’image, elle savait que ses bijoux étaient là. Elle ne serait donc jamais rentrée totalement dans son rôle. Les deux cinéastes insistent sur le fait qu’il n’y a aucune négociation possible lorsqu’il s’agit de capter la vérité avec une caméra.

5. Une horloge, un tempo.

Les répétitions représentent pour eux, bien plus qu’un apprentissage du texte et de l’attitude. Il s’agit également d’une “horloge qu’il faut régler”, car un comédien a la responsabilité énorme de donner le rythme de chaque plan. Même si celui-ci nécessite une trentaine de prises pour parvenir à quelque chose de concluant, il faut que les répétions permettent de trouver le “tempo” à suivre.

6. Faire un plan… avant de le faire.

Faire un plan, pour les Dardenne, ça implique aussi et surtout une manière de construire en se mettant à l’épreuve. Luc Dardenne explique qu’il leur arrive parfois de faire venir leur équipe très tôt le matin et de passer plusieurs heures, voir même plusieurs jours avant de parvenir à ce qu’ils veulent vraiment.

Ils nous donnent par ailleurs, l’exemple du passage de L’enfant, dans lequel Sonia (Déborah François) s’évanouie. Ils ont travaillé d’arrache-pied pendant 2 jours et demi, avant de trouver les mouvements et le rythme qui leur convenait.

7. Un seul objectif : 25mm.

De Rosetta à L’enfant, l’objectif de 25mm n’a jamais quitté la caméra des deux cinéastes. Il faut savoir que sur une caméra argentique Super 16 (celle utilisée par les Dardenne), un objectif de 35mm équivaut à une focale de 50mm. Soit le champ de vision de l’oeil humain. L’objectif 25mm était donc équivalent à une focale légèrement plus large que la vision humaine.

Pour eux, c’est comme s’ils avaient trouvé leur objectif de prédilection. Celui qui leur permet d’être à la limite entre ce qui est filmé et ce qui peut être vu à l’œil nu. Cette notion rapproche donc énormément la fiction de la réalité, sans pour autant en copier toutes ses caractéristiques.

8. La filature du comédien.

Les Dardenne aiment créer et maintenir une “espèce de tension” en restant à proximité des corps. Même si on ne voit pas un visage en entier, on sait qu’il est là, qu’il existe dans le champ de la caméra et en dehors. Pour eux, cela contribue à donner une certaine fragilité à la place qu’occupe le comédien dans le film. Ils nous donnent l’exemple de Rosetta, pour lequel nombre de gens leurs ont dit “Mais vous ne la lâcher jamais !?”. Ce à quoi Jean-Pierre Dardenne répond qu’il faut qu’on évite à chaque instant de sentir que le film est construit, que l’on sente finalement que le personnage est presque là par hasard, exactement comme le point de vue d’un détective en filature.

9. Rendre palpable l’expérience humaine.

La distance qu’ils s’efforcent de conserver entre le comédien et la caméra, permet aussi de créer le sentiment que l’observateur fait partie intégrante de la scène. Par ailleurs, ils évoquent l’idée que s’ils étaient constamment trop loin de leurs personnages, le fait de voir tout ce qui se passe autour éliminerait complètement cette idée d’observation.

Le spectateur doit pouvoir vivre les événements avec le personnage. Il participe au drame de celui-ci, tout en étant toujours un peu en retard (qu’est-ce que le personnage voit ? qu’est-ce qu’il va faire ?). Au-delà de l’intention d’appuyer notre désir de recherche et de découverte en tant que spectateur, ces obstacles contribuent à rendre palpable l’expérience humaine qui est en train de se dérouler sous nos yeux.

10. Composition / vs / Vérité.

Luc Dardenne nous dit : ‘Lorsqu’on réalise un film, on ne cherche pas à faire de l’image. On ne cherche pas à composer”.

Selon lui, la beauté peut être dans chaque sentiment. La laideur peut s’avérer aussi poignante que la beauté, voir même davantage. Pour eux, l’idée est donc de “se jeter dans la mêlée”, plutôt que de poser les choses en composant à partir du vide, surtout quand un de leurs personnages a mal. Leur but n’étant pas de montrer des choses remplies d’émotions, mais bien de capter l’essence de la vérité.

Pour ça, rien de tel que de construire une scène en adoptant le point de vue d’une caméra qui arrive alors que l’action est déjà lancée. Une caméra qui aurait par conséquent, du mal à se placer et qui incarnerait pleinement le regard d’un observateur fortuit. Il est dès lors impossible de composer quelque chose de trop ordonné, trop organisé, trop bien mis en ordre.

11. À chaque réalisateur sa dynamique.

Arriver sur un plateau de tournage, c’est comme arriver sur le lieu de n’importe quel travail. Il y a des jours avec et des jours sans. Dans tous les cas, il est impératif de conserver une certaine dynamique, même si vous êtes le seul à en avoir conscience.

Jean-Pierre Dardenne, nous dit qu’il “ne supporte pas” quand l’excès d’organisation s’impose sur un plateau de tournage. Pour lui ce sont des choses qui vont à l’encontre de sa dynamique de réalisateur. Tout ce qu’il attend c’est finalement de pouvoir transmettre son énergie à l’avancement du film en lui-même, à la direction de ses comédiens et tout ce que ça implique.

Lorsque son entourage lui dit “Mais tout ça fait partie du cinéma ! Ça veut dire que si tu n’aimes pas ça, tu n’aimes pas le cinéma ?”, Jean-Pierre Dardenne répond simplement : “Ben non ! J’aime pas le cinéma !”

12. La musique : le carré de sucre en trop.

Pour les frères Dardenne, il est primordial que la musique soit un élément qui s’impose naturellement. Luc Dardenne nous dit qu’elle ne doit pas être ajoutée par-dessus si elle n’apporte pas une véritable matière enrichissante. Les sons, les dialogues et les silences leurs suffisent. La musique rendrait les choses “trop sucrées” par rapport à leur dénuement initial.

Jean-Pierre Dardenne se dit par ailleurs sur le ton de la plaisanterie : “Franchement quand je vois des films avec de la musique, je me dis qu’ils sont quand même forts ces réalisateurs. Au moins eux, ils arrivent à mettre de la musique ! Nous on a toujours pas cette place dans notre processus de création”

13. Un vrai travail de co-réalisation ne se construit pas sur le conflit.

Les Dardenne fonctionnent toujours en duo pour écrire et réaliser leur films. Ils nous font part d’une idée essentielle au travail de collaboration, celle que le conflit et la mésentente, sont souvent synonymes d’un problème à la base d’un projet.

Lorsque plusieurs personnes travaillent conjointement sur un projet depuis le début, chacune d’entre elle fait naître des intentions qui deviennent finalement collectives. L’intuition créative est alors la même pour tout le monde, et ce qui aurait du donner lieu à des conflits, ne créer plus que des nuances et des aménagements constructifs.

“Tout le monde veut en réalité faire le même film depuis le début”.

14. Décors / vs / Plan de tournage.

Les frères Dardenne essaient toujours d’avoir tous leurs décors à disposition pendant toute la durée du tournage. Ils tournent autant que possible toutes leurs scènes dans l’ordre chronologique de la narration. Et ce, même si le scénario comporte plusieurs scènes dans un même lieu. Ils reviennent alors autant de fois que nécessaires sur le lieu en question.

Cela leur permet entre autres, de voir leur film et leurs personnages évoluer au fil du temps. Ils ont également plus d’audace dans leur démarche créative. S’ils se rendent compte au moment du montage qu’une scène est ratée, ils n’hésitent généralement pas à aller la retourner. Leur décor étant toujours disponible.

15. Le pouvoir du silence dans le dialogue.

Luc Dardenne nous explique que le silence est pour eux une chose essentielle dans le dialogue. Particulièrement lorsqu’un personnage fait face à une prise de conscience morale. Le silence est alors plus percutant que n’importe quelle réplique. Le spectateur peut parfaitement ressentir l’impact d’une réflexion profonde à cet instant.

16. Des personnages sur la bonne voie…

Luc Dardenne décrit leurs personnages comme des gens qui découvrent en fait la responsabilité de leur culpabilité. Sans parler de culpabilité narcissique, ils deviennent des individus à part entière et comprennent finalement la véritable définition de leur vie. À savoir quelque chose de fragile, que l’on peut facilement écraser du pied.

Pour aller plus loin...

Écrire et présenter un scénario est une tâche assez délicate n'est-ce pas ?
Si vous êtes d'accord avec ça, la suite devrait certainement vous intéresser...

Dans l'idée de vous aider à préparer votre prochain projet cinématographique de façon professionnelle, je vous propose un pack de 2 vidéos + 3 documents.

Je vous accompagne dans la présentation professionnelle de votre scénario

Le pack contient :

  • 1 vidéo dans laquelle nous verrons pourquoi la mise en forme d'un scénario est-elle si importante ?
  • 1 mise en pratique, dans laquelle je corrige avec vous la mise en forme d’un scénario.
  • La checklist qui récapitule toutes les étapes de mise en forme.
  • 1 scénario d’exemple. Disponible en 2 versions, (avant et après correction).
Aucun commentaire

Répondre

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

© 2017 cineaste-independant.fr

VOTRE PREMIER COURT-MÉTRAGE

EN 5 SEMAINES

  • Bien se préparer : équipe, matériel, logiciels, moyens disponibles.
  • Développer votre idée : pitch, synopsis, scénario, intention.
  • Organiser le tournage : repérages, découpage, plan de travail.
  • Tourner votre film : gérer l'équipe, diriger les comédiens.
  • Monter et sonoriser votre film : montage, couleurs, mixage.
  • Diffuser votre film : festivals, web, projection publique.

VOTRE PREMIER COURT-MÉTRAGE

EN 5 SEMAINES

Remplissez le formulaire ci-dessous pour accéder au contenu.

VOTRE PREMIER COURT-MÉTRAGE

EN 5 SEMAINES

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Consultez votre boîte de réception

pour confirmer votre inscription.

VOTRE PREMIER COURT-MÉTRAGE

EN 5 SEMAINES

  • Bien se préparer : équipe, matériel, logiciels, moyens disponibles.
  • Développer votre idée : pitch, synopsis, scénario, intention.
  • Organiser le tournage : repérages, découpage, plan de travail.
  • Tourner votre film : gérer l'équipe, diriger les comédiens.
  • Monter et sonoriser votre film : montage, couleurs, mixage.
  • Diffuser votre film : festivals, web, projection publique.

VOTRE PREMIER COURT-MÉTRAGE

EN 5 SEMAINES

Remplissez le formulaire ci-dessous pour accéder au contenu.

VOTRE PREMIER COURT-MÉTRAGE

EN 5 SEMAINES

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Consultez votre boîte de réception

pour confirmer votre inscription.

VOTRE PREMIER COURT-MÉTRAGE

EN 5 SEMAINES

  • Bien se préparer : équipe, matériel, logiciels, moyens disponibles.
  • Développer votre idée : pitch, synopsis, scénario, intention.
  • Organiser le tournage : repérages, découpage, plan de travail.
  • Tourner votre film : gérer l'équipe, diriger les comédiens.
  • Monter et sonoriser votre film : montage, couleurs, mixage.
  • Diffuser votre film : festivals, web, projection publique.

VOTRE PREMIER COURT-MÉTRAGE

EN 5 SEMAINES

Remplissez le formulaire ci-dessous pour accéder au contenu.

VOTRE PREMIER COURT-MÉTRAGE

EN 5 SEMAINES

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Consultez votre boîte de réception

pour confirmer votre inscription.

VOTRE PREMIER COURT-MÉTRAGE

EN 5 SEMAINES

  • Bien se préparer : équipe, matériel, logiciels, moyens disponibles.
  • Développer votre idée : pitch, synopsis, scénario, intention.
  • Organiser le tournage : repérages, découpage, plan de travail.
  • Tourner votre film : gérer l'équipe, diriger les comédiens.
  • Monter et sonoriser votre film : montage, couleurs, mixage.
  • Diffuser votre film : festivals, web, projection publique.

VOTRE PREMIER COURT-MÉTRAGE

EN 5 SEMAINES

Remplissez le formulaire ci-dessous pour accéder au contenu.

VOTRE PREMIER COURT-MÉTRAGE

EN 5 SEMAINES

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Consultez votre boîte de réception

pour confirmer votre inscription.

Dernière étape : complétez ce formulaire pour recevoir votre contenu gratuitement.

L'accès privé à cette formation est 100% gratuit !

  • 1 module théorique pour comprendre l'intérêt de la mise en forme.
  • 1 module pratique dans lequel je corrige un scénario avec vous.
  • 1 scénario d’exemple. Disponible en 2 versions, (avant et après correction).
  • 1 checklist qui récapitule toutes les étapes de mise en forme.
  • 1 module bonus dédié aux outils et logiciels d'écriture.
  • Ainsi que de nombreux conseils d'écriture complémentaires...

Complétez ce formulaire pour recevoir votre contenu gratuitement.

Important : Consultez votre boîte de réception.

Vos informations ont été envoyées avec succès.

Complétez ce formulaire pour recevoir votre contenu gratuitement.

Important : Consultez votre boîte de réception.

Vos informations ont été envoyées avec succès.

Se connecter

Oubli de mot de passe ?