Choisir une caméra pour un court-métrage : 3 critères VRAIMENT importants.

Cameraman qui filme avec une caméra

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Si vous cherchez une bonne caméra pour réaliser un court-métrage, vous devez certainement vous intéressez avant tout au rapport qualité/prix. Vous essayez naturellement d’obtenir une bonne qualité d’image, accessible à un prix raisonnable.

Mais si je vous disais que cette problématique est en fait rarement considérée de la bonne manière…
Et que vous êtes peut-être en train de passer à côté de l’essentiel. 😮

Je l’ai déjà mentionné plusieurs fois sur ce blog, dans un film, la qualité technique de l’image est avant tout un luxe. La qualité du scénario, du jeu des comédiens et de l’audio, sont des critères bien plus importants !

Bien entendu, ça ne veut pas dire que le critère de l’image doit être complètement laissé de côté pour autant. Mais la problématique du choix de la caméra est avant tout une problématique créative et non technique.

Faire l’acquisition d’une caméra à un bon rapport qualité/prix pour ensuite se demander ce qu’on peut faire avec… n’est donc pas vraiment une approche très pertinente. 😕

Si vous pensez avoir adopté cette approche, je vous invite à poser la problématique dans l’autre sens…

Rassemblez d’abord toutes vos idées de scénarios et demandez-vous quelle caméra serait la mieux adaptée pour mettre en images vos histoires. Cela suppose évidemment d’être assez clair et précis sur votre intention créative et sur l’univers cinématographique que vous voulez construire pour chacune de ces histoires.

N’ayez pas peur de viser très bas (camescope/téléphone) mais aussi très haut (Red/Arri Alexa) 😉 Si vous estimez qu’une grosse caméra professionnelle serait indispensable, alors n’hésitez pas à considérer ce critère comme une nécessité. À l’inverse, si vous pensez qu’un petit camescope ou un téléphone serait plus en phase avec votre intention, assumez-le !

Et là vous allez peut-être me dire :

“T’es bien gentil, mais comment je fais pour savoir quelle caméra correspond à mon intention créative ?”

Pas de panique ! 🙂

Il exsite plusieurs aspects assez élementaires à prendre en compte à ce niveau-là.
Et je peux déjà vous proposer trois critères pour vous aider à choisir la caméra la plus adaptée…

1. Le cachet de l’image.

Connaissez-vous le film L’affaire SK1 ?

Affiche du film L'affaire sk1

Le scénario se base sur l’histoire vraie du serial killer français Guy Georges qui a tué plusieurs jeunes femmes dans les années 1990 à Paris. Il s’agit officiellement de la première affaire de police française dédiée à la traque d’un serial killer.

Si vous avez déjà vu le film, vous avez peut-être remarqué que celui-ci a été tourné à la fois en numérique et en pellicule 🙂 Le scénario propose des allers/retours entre le procès de Guy Georges qui a eu lieu en 2001, et sa traque par la police dans les années 1990. Tous les passages en 2001 sont tournés dans l’espace avec Stanley Kubrick en caméra numérique, tandis que les flashbacks dans les 90’s sont tournés sur pellicule. Ce qui permet d’obtenir une granularité spécifique à la pellicule sur tous les plans des flashbacks. Une granularité qui est totalement absente sur les plans du procès tournés en numérique.

Comparaison des plans du film l'Afaire SK1 tournage en pellicule et en numérique

Il s’agit bien entendu d’un choix artistique du réalisateur Frédéric Tellier qui a déclaré vouloir faire correspondre la technique utilisée, à chacune des deux époques présentes dans le film.

La problématique du choix de la caméra, répond donc avant tout à une question de support d’expression visuelle. Pour le cas de L’affaire SK1, le réalisateur a choisi de faire une balance entre la pellicule et le numérique, mais si vous cherchez une caméra pour faire un court-métrage sans budget, vous n’allez évidemment pas envisager de tourner sur pellicule. Mais il peut exister une différence de cachet (parfois énorme) entre deux caméras numériques. Si vous choisissez de tourner avec un appareil photo réflex par exemple, vous obtiendrez une image très différente d’un camescope ou même d’une Red. Même entre deux appareils photo il est possible de remarquer une différence significative dans le cachet de l’image. Cette différence peut s’expliquer par la taille et le type du capteur de la caméra, par la marque (beaucoup de marques produisent une imagerie identifiables parmi d’autres) et par le choix des objectifs que vous utilisez.

Avant d’envisager l’acquisition ou la location d’une caméra, je vous encourage donc avant tout à vous demander quel cachet d’image vous souhaitez avoir pour chacune de vos histoires. Vous avez peut-être des idées de film pour lesquelles la caméra de votre téléphone serait plus adaptée. Il peut aussi s’agir de certains passages et pas d’autres. À vous de voir ce qui vous semble le plus adapté en fonction de votre intention.

2. La présence diégétique.

“ La quoi ? 😮 ”

Le terme “diégèse” est utilisé pour désigner l’univers d’une oeuvre cinématographique. Lorsqu’on dit qu’un élément est intradiégétique, on considère que cet élément fait partie de l’univers de l’oeuvre. Au contraire, lorsqu’on dit qu’un élément est extradiégétique, on considère qu’il est extérieur à l’univers de l’oeuvre. Par exemple, si le personnage d’un film écoute de la musique, on considère que cette musique est intradiégétique, car elle fait partie intégrante de l’univers du film. Le personnage a conscience de la musique et il peut l’entendre. Si au contraire, la musique est ajoutée par dessus le passage d’un film dans le but d’illustrer son propos dramatique, alors on considère que la musique est extradiégétique. Les personnages n’ont pas conscience qu’elle existe et il ne peuvent pas l’entendre.

Eh bien cette distinction est aussi valable pour une caméra…

Dans l’immense majorité des films et séries, la caméra est considérée comme un élément extradiégétique. Elle ne fait pas partie de l’univers de l’oeuvre, les personnages n’ont pas conscience de sa présence et ne peuvent pas interagir avec. L’intention est généralement de faire en sorte que même le spectateur oublie la présence de la caméra. Dans l’idéal, le spectateur doit même oublier qu’il est devant un film et être plongé pleinement dans l’histoire qui lui est proposée. 🙂

Mais il existe aussi des films qui décident de faire de la caméra un élément intradiégétique, qui fait partie intégrante de l’univers de l’oeuvre. Parmi les plus populaires, on peut mentionner Blair Witch, Rec, Paranormal Activity, le premier Cloverfield ou encore plus récemment Troll Hunter.

Personnage de Blair Witch qui filme avec une caméra

Dans ces films, la caméra est un élément avec lequel les personnages sont amenés à intéragir directement. La caméra elle-même est presque un personnage à part entière ( elle se pose des questions existentielles du genre : “To be, or not to be a camera ?” 😀 )

Les films mentionnés précédemment assument tous ce parti pris jusqu’au bout. On peut même les qualifiés de films réalisés en found footage. Il s’agit presque d’un sous-genre cinématographique qui se base sur une idée assez simple : la caméra a été retrouvée quelque part, quelqu’un a décidé de faire un montage de ce qui a été filmé pour construire un film qu’on nous propose finalement à nous spectateurs. Ce principe a d’ailleurs été tellement popularisé à l’époque de la sortie de Blair Witch, que beaucoup de gens ont cru que tout ce qui est montré dans le film est véridique ! ( si toi aussi tu aimes la crédulité des années 90, fais un grand sourire avec des dents beaucoup trop blanches pour être vraies, et mets ton pouce vers le haut ! 😀 )

Attention tout de même à ne pas mettre tous les œufs dans le même panier. Le found footage fait effectivement de la caméra un élément intradiégétique. Mais ce n’est pas parce que la caméra fait partie intégrante de l’univers d’une oeuvre cinématographique, que cette oeuvre est forcément identifiable comme du found footage. Il arrive même que la caméra devienne intradiégétique uniquement pour une séquence ou même un seul plan. Le cas de la caméra de surveillance est un exemple que l’on peut retrouver dans beaucoup de films qui ne sont absolument pas conçus en found footage.

Nightcrawler interrogatoire filmé en caméra de surveillance

Lorsque vous faites le choix d’une caméra pour un court-métrage, je vous encourage donc vivement à vous demander si cette caméra sera intérieure ou extérieure à l’oeuvre. Si par exemple vous souhaitez racontez une histoire entièrement filmée par un personnage avec son téléphone… ça vaut peut-être le coup de remettre en question la nécessité d’acheter ou de louer du matériel. Vous pouvez ainsi utiliser le manque de moyens techniques à votre avantage. À condition que l’intention soit justifiée correctement et non “artificiellement”. Il ne s’agit pas non plus de corrompre l’intention initiale d’une idée de film uniquement pour pouvoir tourner à moindre coût.

3. L’usage.

On l’oublie peut-être un peu trop souvent, mais une caméra n’est pas seulement conçue pour produire des images de plus ou moins bonne qualité. Il s’agit avant tout d’un objet étudié par les constructeurs pour un usage bien spécifique.

Une caméra de cinéma, n’est pas du tout prévue pour le même usage qu’un camescope grand public par exemple. Ce constat va bien au-delà des performances techniques. Si vous prévoyez de faire un court-métrage en caméra portée par exemple, gardez à l’esprit que la maniabilité de la caméra aura une influence directe sur les plans que vous produirez. Le critère du poids est d’ailleurs un critère déterminant dans la fluidité des mouvements en caméra portée. Avec une caméra légère, vous obtiendrez généralement beaucoup plus de tremblements qu’avec une caméra plus lourde. Mais une caméra trop lourde peut aussi rendre beaucoup plus complexe la mise en place d’un plateau de tournage.

L’idéal est donc de trouver un compromis entre une caméra qui produit une image en accord avec vos intentions, et qui soit facilement maniable pour de multiples usages. Ici on parle essentiellement de fiction et de documentaire, mais je vous encourage tout de même à vous demander si cette caméra ne peut pas vous servir en dehors du cadre de la réalisation de projet cinématographiques.

Lorsqu’il s’agit de faire du cinéma à petite échelle, il est souvent recommandé d’opter pour les DSLR, les réflex numériques capables de faire de la vidéo. Cette solution présente en effet plusieurs avantages, non seulement sur la qualité de l’image et le cachet (très cinématographique) qu’ils permettent d’obtenir, mais aussi sur l’usage que l’on peut en faire. Si vous faites l’acquisition d’un DSLR, vous pouvez par exemple envisager d’apprendre la photo en parallèle de vos productions audiovisuelles. À cela s’ajoute le fait qu’il existe aujourd’hui beaucoup d’accessoires pour customiser les DSLR et les adapter à des usages spécifiques. Vous pouvez littéralement passer d’un simple appareil photo relativement léger, à une caméra de cinéma toute équipée.

Un appareil photo DSLR tout équipé

Les DSLR permettent donc un compromis plutôt intéressant. Mais cela ne doit pas vous empêcher pour autant de pouvoir raconter des histoires avec le téléphone que vous avez dans votre poche ou le camescope que vous utilisez habituellement pour faire vos films de vacances. Au lieu de courir après l’acquisition de nouveau matériel vidéo, concentrez-vous plutôt sur le fait que vous avez peut-être déjà dans votre poche les moyens de faire un film juste, et pas juste un film 😉

Pour aller plus loin...

Écrire et présenter un scénario est une tâche assez délicate n'est-ce pas ?
Si vous êtes d'accord avec ça, la suite devrait certainement vous intéresser...

Dans l'idée de vous aider à préparer votre prochain projet cinématographique de façon professionnelle, je vous propose un pack de 2 vidéos + 3 documents.

Je vous accompagne dans la présentation professionnelle de votre scénario

Le pack contient :

  • 1 vidéo dans laquelle nous verrons pourquoi la mise en forme d'un scénario est-elle si importante ?
  • 1 mise en pratique, dans laquelle je corrige avec vous la mise en forme d’un scénario.
  • La checklist qui récapitule toutes les étapes de mise en forme.
  • 1 scénario d’exemple. Disponible en 2 versions, (avant et après correction).
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