Script doctor : Sébastien Boatto nous révèle les coulisses de son métier.

 

Description / Transcription :

Sebastien Boatto est script doctor. Il éxamine les scénarios pour trouver leurs points faibles, leurs failles et leurs problèmes. Il accepte aujourd’hui de nous révéler les coulisses de son métier…

Bonjour Sébastien. Peux-tu nous parler de ton parcours et de ce qui t’a amené à devenir script doctor ?

Sébastien : Ok ! Alors comment résumer un parcours qui est à la fois très simple et en même temps, très long ?…

Simple parce que j’ai fais des études de cinéma très tôt. Dès la sortie du lycée, j’ai fait une fac de cinéma. Une licence « arts du spectacle » à l’époque. J’ai mené des études jusqu’en maîtrise. Ensuite j’ai fais une formation, encore à l’université, spécialisée dans le scénario. Tout ça à Bordeaux dans ma ville. Cette formation a été pour moi du pain bénit. J’ai pu rencontrer Frédéric Krivine, le créateur de la série télévisée « PJ ». Claude de Givray, qui était directeur des programmes de TF1 à l’époque et qui a travaillé notamment sur les scénarios de François Truffaut. Donc cette formation était vraiment extra ordinaire. Ça a duré deux ans. J’ai aussi eu une maîtrise dans un institut universitaire professionnalisé.

Et après ça, j’avais deux choix. Je pouvais choisir de rester sur Paris et essayer de trouver du travail, ou retourner sur Bordeaux pour mes études. J’étais jeune, j’avais pas beaucoup d’expérience, même si je venais de faire un stage au CNC et dans une boîte de prospection de scénarios. Du coup, je suis retourné sur Bordeaux et j’ai entamé un doctorat. C’est pendant ce doctorat que j’ai eu la chance de commencer à donner des cours de scénario. Puisque c’était ma spécialité, j’ai demandé à ce qu’on me confie les cours de l’université de Bordeaux. À ce moment-là, j’ai commencé à diriger des écritures d’étudiants.

Et là je me suis rendu compte que le fait d’aider les autres à écrire leurs scénarios, était quelque chose de très épanouissant pour moi. Ce qui m’a plu, c’est de voir éclore un scénario et de voir d’un coup la lumière dans l’œil de son auteur, au fil des discussions, des échanges d’idées et des brainstormings, Comme si, en discutant et en proposant des solutions techniques et mécaniques, on parvenait finalement à déclencher un déclic, qui amène finalement la personne à écrire un scénario formidable.

Donc j’ai enseigné et puis un jour j’ai décidé de faire de cette discipline mon activité professionnelle (depuis cinq ans). Sachant que le métier de script doctor est un métier qui existe beaucoup aux États-Unis, mais très peu en France. J’ai commencé tout seul, doucement, en prospectant. Plusieurs personnes ont commencé à me faire confiance et petit à petit, j’ai réussi à me construire une clientèle assez fidèle. À partir de cette clientèle, de plus en plus de gens ont commencé à m’aborder et m’ont proposé de lire leurs projets.

Pour donner un ordre d’idées, j’ai commencé mes études de cinéma en 1994.

Et à quel moment as-tu considéré que tu étais officiellement un script doctor ?

Sébastien : À la fin de mon cursus universitaire (IUP), je considérais que j’avais déjà les compétences en fait, mais je manquais encore d’expérience. Du coup, j’ai préféré attendre. Je n’ai pas voulu me lancer tout de suite. Peut-être simplement par manque de confiance tout simplement. Je dis ça on était en 2003 !

Du coup, j’ai attendu 7 ans tout de même – c’est le temps qu’a duré ma thèse – pour lancer ma boîte en 2010. C’était en janvier 2010, donc là je vais fêter mes cinq ans dans un mois et demi.

Peux-tu nous en dire davantage sur le métier de script doctor ? En quoi ça consiste ? Qu’est-ce que ça implique exactement ?

Sébastien : Un script doctor, comme son nom l’indique, est un « médecin » du scénario. Autrement dit, on vient me voir quand on ressent un problème dans un scénario. Que ce soit pour un producteur qui a un projet mais qui sent qu’il y a quelque chose qui cloche, ou pour un auteur qui est bloqué et qui a besoin d’un coup de pouce. On me propose donc un scénario. Je le lis et j’en fais une expertise. J’essaie de déceler ce qui ne va pas. Il peut s’agir d’un problème de construction, de personnage, ou même assez souvent un problème de distribution de l’information. Donc mon but est de trouver ce qui ne va pas et d’apporter des solutions pour que l’auteur puisse soigner son scénario et le rendre encore meilleur qu’il ne l’est.

Peux-tu nous en dire davantage sur les choses que tu examines en particulier ? Tu parles par exemple de « distribution de l’information »…

Sébastien : Il peut s’agir de la construction du scénario en lui-même, ou encore de la construction du personnage. Savoir si ces derniers sont cohérents par exemple. Après, moi j’ai un point en particulier qui est un peu mon « cheval de bataille », c’est cette fameuse « distribution d’information ».

En effet, il arrive assez souvent que lors de son écriture, l’auteur oublie le spectateur. L’auteur oublie souvent que le spectateur n’est pas dans sa tête et qu’il doit lui faire passer un certain nombre d’informations. S’il ne lui donne pas les moyens de comprendre un personnage ou une situation en lui donnant les clés adéquates, par exemple à travers une situation forte et pleine de sens, le spectateur ne comprendra pas forcément tout ce qu’on veut dire.

D’accord ! Donc c’est la que ton métier fait sens, puisque justement tu peux avoir le recul nécessaire en fin de compte ?

Sébastien : Le recul est en effet une notion très importante. C’est notamment pour ça que les auteurs m’abordent. Parfois on a le nez dans le guidon lorsqu’on écrit un scénario et puis on sait plus trop où on en est et si ce qu’on écrit est bon ou pas. J’apporte alors le regard extérieur nécessaire pour proposer parfois des pistes que l’auteur ne pouvait pas du tout envisager. Parfois ça peut même aller jusqu’à l’extrême. Par exemple, je peux proposer des changements du genre : « Tiens si ton personnage principal, était une femme au lieu d’être un homme !? » Et parfois ça change tout et ça donne des choses beaucoup plus intéressantes. C’est ce genre de pistes ‘inattendues’ que j’essaie d’apporter pour que l’auteur voit son scénario sous un autre angle.

Penses-tu que parfois, le manque de recul peut être du au fait qu’on n’ose pas faire des modifications vraiment radicales dans un scénario ?

Sébastien : Je le crois vraiment oui ! J’écris moi-même mes propres scripts donc je pense que je comprends assez bien les auteurs. En tout cas, ce qui est certain, c’est que quand on écrit un scénario c’est notre bébé. Quand je dis à un auteur « Cette scène là, elle est en trop, il faut l’enlever ! », c’est un peu comme si je lui demandais de s’amputer d’un orteil ou même d’un bras. Mais parfois c’est nécessaire pour que l’oeuvre vive et soit meilleure.

En parcourant ton site www.docteur-script.com, j’ai vu que tu t’adresses à deux cibles bien distinctes. D’aune part, les producteurs et d’autre part les auteurs. Peux-tu nous expliquer ta démarche par rapport à chacun d’eux ?

Sébastien : La majorité de mes clients sont des gens qui ressentent un blocage. Ils ont besoin d’une nouvelle impulsion pour leur scénario, et ils me demandent donc de nouvelles pistes pour trouver un second souffle dans leur écriture. Soit c’est simplement pour avoir un regard extérieur et savoir ce que je pense d’un script. Je regarde s’il y a un soucis, que eux n’arrivent plus à détecter, mais que moi je pourrais identifier avec un point de vue extérieur.

Il arrive aussi qu’un auteur m’aborde parce qu’il a une envie d’écriture, mais il ne sait pas trop comment s’y prendre parce qu’il n’a pas reçu de cours de dramaturgie ou de cours d’écriture de scénario. Donc dans ce cas l’auteur vient me voir pour que je le forme.

Après pour les producteurs, il y aussi plusieurs cas de figure.

Il y a des producteurs qui ont un projet et qui ont envie d’avoir un regard extérieur sur celui-ci avant de s’engager. Donc j’interviens davantage pour les rassurer.

Ensuite, il y a également des producteurs qui m’engagent sur du plus long terme. Par exemple, ils ont un jeune auteur qui est nouveau dans leur ‘écurie’. Ils sentent qu’il peut faire du bon travail, mais ils ne sont pas satisfaits du scénario. Donc ils décident de le placer sous mon aile et je les suis dans le processus de réécriture. Du coup, ce n’est plus deux personnes, mais trois qui participent au scénario. Notamment le producteur qui veut aussi avoir un regard par rapport à la production.

Tu dis que certains producteurs hésitent aussi à se lancer dans certains projets. Ton rôle consiste-t-il aussi à déceler des critères qui pourraient être favorables à un projet, sur un plan économique ?

Sébastien : Bien sûr ! J’apporte cette expertise également. Je connais bien le cinéma et j’essaie aussi de donner mon avis sur la viabilité ou non d’un projet. Notamment si ce dernier risque de coûter cher mais de ne pas trop rapporter. Donc oui, j’apporte modestement cet avis-là aussi.

As-tu déjà remarqué des erreurs récurrentes dans les scénarios que tu analyses ?

Sébastien : Oui. Il y a effectivement des erreurs récurrentes. Alors je vais pas en faire une énumération, sinon je vais en avoir pour très longtemps 🙂 Mais la première qui me vient à l’esprit, est cette question de la distribution d’informations. La France est un pays très littéraire, où l’écrit est roi. De ce fait, on retrouve dans beaucoup de scénarios – notamment dans ceux qui débutent – une écriture proche de celle d’un roman. Par exemple, on présente un personnage et ensuite on va raconter ses pensées, ou son passé, en oubliant que le scénario est destiné à être retranscrit en images, en actions et en situations. À la rigueur, des sons ou des dialogues. Si on écrit « Jean pense à Joséphine et à l’amour qu’il lui porte » il faut savoir comment le traduire en images. Si on traduit cette phrase telle quelle, on verra le personnage de Jean qui pense, mais on ne saura pas à quoi il pense. Cette information qui est donné dans le scénario, sera donc perdue dans le film. Du coup, ce qu’on pouvait très bien comprendre dans le scénario, deviendra inaccessible dans le film. Il manquera un bout de l’information.

C’est vraiment une erreur récurrente que je retrouve dans 80% des scénarios que je lis. Même chez des scénaristes confirmés. C’est effectivement très tentant de faire des raccourcis et d’expliquer des choses à l’écrit, même si elles ne se verront pas à l’image.

Le scénario se construit sur une écriture visuelle. On écrit uniquement ce que l’on va voir. C’est un concept qu’il faut vraiment intégrer lorsqu’on écrit un scénario.

À combien estimes-tu le nombre de scénarios que tu as lu jusqu’à présent ?

Sébastien : Je ne sais plus. J’ai arrêté de compter 😀

Après avoir examiné un scénario, tu remets donc une fiche de lecture au producteur ou à l’auteur concerné. Cette fiche est elle construite d’une manière spécifique ?

Sébastien : Avant oui. J’étais parti sur une structure bien construite. Et puis finalement, je me suis rendu compte que c’était pas une très bonne idée, car chaque scénario appelle une structure. Donc je n’ai plus de structure établie. C’est en fonction du scénario que je vais lire et des problèmes que je vais y déceler, que je vais plus ou moins parler de la structure, ou des conflits par exemple. C’est aussi en fonction de la demande du client. Ce dernier peut par exemple trouver que son personnage principal n’est pas suffisamment caractérisé. Il me demande dans ce cas ce qu’il peut faire. Dans ce cas, je fais une fiche spécialisée dans la caractérisation de personnages, en proposant des solutions dans ce sens là. Je peux d’ailleurs me concentrer exclusivement sur un point spécifique, si telle est la demande du client.

D’après ce que tu expliques, tu interviens souvent de manière ponctuelle. Sur ton site tu proposes également des suivis personnalisés sous forme de forfaits. Comment ça se passe à ce moment-là ?

Sébastien : Alors ça se passe plutôt bien 😀

Il s’agit effectivement d’effectuer un travail sur la longueur. L’auteur peut par exemple me proposer son scénario à plusieurs de son écriture. Il peut aussi me proposer une scène qu’il aura réécrite ou des fiches personnages etc.

À la suite de ça, une fois que j’ai lu ce qu’il me propose et noté quelques commentaires, on peut par exemple se rencontrer ou se contacter par Skype. On discute alors du scénario pendant environ 1 heure, à la manière d’un atelier de travail, où l’on va échanger des idées et parler des points problématiques que j’ai soulevé. Après cette séance, l’auteur se penche à nouveau sur son scénario et me renvoie à nouveau ce qu’il a produit quelques semaines après. Ainsi de suite jusqu’à ce que l’auteur lui-même décide d’arrêter. Soit parce qu’il a plus besoin des mes services, soit parce qu’il est arrivé à une version qui lui semble aboutie. Je peux d’ailleurs aussi intervenir à ce niveau-là. Je peux confirmer à l’auteur que la version qu’il a obtenue de son travail est très satisfaisante et qu’il devrait proposer son scénario à des producteurs.

C’est en effet aussi mon rôle de dire lorsqu’un scénario est aboutit et qu’il en vaut la peine. Je m’autorise même parfois à me positionner en tant qu’intermédiaire entre l’auteur et certains de mes clients producteurs.

Il y a notamment un scénario dont je suis plutôt content et qui est justement né dans l’école où j’enseigne, qui est devenu un court-métrage. C’est Lucie de Candice Nony. Je l’ai vu naître sous forme de pitch au sein de l’école. La réalisatrice était une étudiante. Je l’ai perdu de vue pendant deux ou trois ans, jusqu’à ce qu’une cliente productrice me demande si je ne connaissais pas des projets qui me semblaient intéressants. J’ai alors repensé à ce scénario, parce qu’il était très beau. J’ai recontacté l’auteur. Je les ai mises en contact et le film s’est fait.

Je reviens un peu sur ce que tu as dit précédemment. Tu dis qu’il t’arrive d’analyser les scènes de façon individuelles. Cela te pose-t-il problème de devoir analyser une scène indépendamment du reste du scénario ?

Sébastien : Ça vient souvent après une première lecture de l’ensemble du scénario. Donc je sais où se situe la scène dans le scénario et ce qu’elle implique. Donc non, ça ne pose généralement aucun problème. Justement, lorsque c’est une scène qui pose problème pour une question de dialogues par exemple. Si celui-ci n’est pas assez naturel ou qu’il n’a pas assez de sous-texte. L’auteur peut me proposer uniquement la scène en question.

D’une industrie à une autre, on peut parfois noter des différences importantes dans la définition des métiers lié au cinéma. Le producteur et le réalisateur par exemple, peuvent avoir des rôles très différents en France et aux États-Unis. Qu’en est il du métier de script doctor ?

Sébastien : En France, le métier de script doctor n’existe pas ‘officiellement’ et ‘institutionnellement’. Si par exemple, je veux aller à un festival, il n’y a pas d’accréditation « script doctor ».

Donc les script doctor en France, sont souvent des scénaristes qui vont faire cette activité pour arrondir les fins de mois par exemple. Les script doctor purs comme moi, j’en connais pas beaucoup. Je crois qu’il y a Cédric Salmon qui fait apparemment uniquement script doctor. Je ne le connais pas personnellement, mais en tout cas il à l’air de ne faire que ça. En tout cas, je n’en connais pas beaucoup plus qui font uniquement du script doctoring. La plupart sont des scénaristes, qui proposent un service d’expertise.

Aux États-Unis, tous les studios ont leurs script doctor. Des gens qui sont là uniquement pour réparer les scénarios. D’ailleurs je crois que le rôle de script doctor aux États-Unis va même plus loin que mon rôle en France. Aux États-Unis, le script doctor peut même être amené à réécrire le scénario je crois.

Du coup, qu’en est-il de la frontière entre le script doctor et le co-auteur ?

Sébastien : Personnellement, j’insiste bien auprès de mes clients que je ne veux pas être co-auteur. Je suis ravi de proposer des idées et des pistes, mais je ne vais pas réécrire le scénario. Pour moi c’est l’auteur qui est roi et maître de son oeuvre. Le scénario doit avoir le style de son auteur. Donc je travaille avec l’auteur mais je le laisse maître de ses idées. S’il n’a pas envie de suivre mes directions, il est libre.

Modestement et humblement, je me vois comme un outil, dont l’auteur peut se servir pour aller plus loin.

Sur ton site, on peut voir qu’une bonne poignée de références a déjà fait appel à ton expertise. Mais tu mentionnes aussi que la confidentialité est selon toi, le maître-mot d’un script doctor. Est-ce que c’est quelque chose qui se ressent de façon assez universelle dans le métier ? Si oui, pourquoi ?

Sébastien : La confidentialité du script doctor se ressent beaucoup, même si elle n’est pas dite franchement. C’est pour cette raison que j’insiste dessus. Je veux que mes clients sachent qu’ils peuvent faire appel à moi en toute confidentialité. Si l’auteur ne souhaite pas que je sois crédité au générique, ça ne pose pas de problème.

Évidemment, au début c’était compliqué. Quand on commence et qu’on veut se faire connaître, mais qu’on n’a pas de référence, c’est difficile. On nous demande sur quoi on a travaillé et qu’on ne peut pas le dire. Donc la frontière entre le mensonge et la vérité est très mince. Mais voilà, dès le début, je me suis dit que je serais le garant de ce secret.

Dire qu’on a fait appel à un script doctor – et je le comprends parfaitement pour moi-même avoir été un auteur – ça signifie qu’à un moment on est incapable d’arriver au bout d’un scénario et qu’on a besoin d’un coup de main. Et effectivement parfois ça peut être difficile d’assumer ce coup de main. Notamment du point de vue du producteur. Lorsqu’on produit un film pour lequel un script doctor est intervenu, en France on peut penser que le scénario n’était pas bon à la base. Bien que cette pratique soit totalement acceptée aux États-Unis. Alors qu’en fait c’est tout le contraire. Il y a maintenant presque 15 ans, un rapport avait été remis au CNC sur le manque d’investissement dans le scénario en France (le rapport Gassot en 2000).

Et justement, investir dans un script doctor, c’est essentiel. Parce que même sur un scénario déjà bon, un script doctor peut apporter une valeur ajoutée. Lorsque le diamant est déjà merveilleux, il suffit peut-être de le polir ou de le nettoyer un peu, pour que tout d’un coup, il devienne un bijoux extra-ordinaire. C’est ce qu’il s’est passé sur un scénario que j’ai lu récemment. Déjà à la lecture, j’ai su que c’était un très bon projet. Il y avait quelques scories et j’ai proposé une réécriture. Celle-ci à été faite de façon magistrale par l’auteur. Et le scénario a reçu la contribution financière au CNC, le prix de la maison du film court, etc. En bref, il a convaincu. Je pense que d’investir sur le scénario, c’est investir sur la pierre angulaire du cinéma. Donc il ne faut pas avoir honte d’engager des script doctor.

Par exemple, pour le film « Guillaume et les garçons à table » qui a reçu le césar du meilleur film l’année dernière, le réalisateur Guillaume Gaillenne a remercié ouvertement son script doctor, parce que son scénario est certainement devenu aussi personnel et aussi profond grâce à cet échange et ce travail de collaboration et de confiance qui s’instaure entre l’auteur et son script doctor.

Tu dis que faire appel à un script doctor en France, donne une mauvaise image. Dans ce cas, autant le considérer comme un co-auteur finalement… Qu’en penses-tu ?

Sébastien : Après c’est juridiquement où le bât blesse. Si le script doctor devient co-auteur, il faut qu’il partage les droits d’auteur avec ce dernier. Il faut qu’il signe également un contrat avec le producteur et du coup, c’est problématique. Surtout que le travail du script doctor est finalement beaucoup moins conséquent que celui de l’auteur. C’est lui qui va chercher au fond de ses tripes l’histoire qu’il veut raconter et qui met sa vie sur le papier. Le script doctor est un peu comme un chausse pieds finalement 😀

Peut-être que certains de mes collègues vont sauter au plafond en entendant ça, mais le script doctor est un outil. On travaille au service de l’auteur. Je crois que c’est ça qui est important.

As-tu des scénaristes ou des scénarios de références, qui t’inspirent ? Sur lesquels tu aurais fondé ton expertise ou ta façon de travailler ?

Sébastien : Je n’ai pas vraiment de maître en terme de scénario. Je cite souvent les films d’Hitchcock dans mes cours, même si ce n’est pas lui qui écrivait ses scénarios. Je cite notamment Psychose, qui est selon moi un scénario magistral. Je cite également les scénarios classiques, bien construits, qui reviennent souvent dans les ouvrages consacrés à l’écriture de scénarios. La guerre des étoiles, qui est un archétype du scénario bien écrit. Même si on peut penser ce qu’on veut du film. Si on veut faire comprendre les choses à un jeune auteur, on lui explique les règles en fonction de ce scénario-là, et tout de suite tout est beaucoup plus clair dans sa tête.

Après j’ai aussi des modèles de script doctor. Yves Lavandier par exemple, qui a écrit la dramaturgie en France, c’est quelqu’un qui a compris les clés d’un scénario et a su les expliquer dans un ouvrage. Aux États-Unis il y a Robert McKee par exemple, ou Syd Field. C’est le premier à avoir compris la mécanique d’un scénario et à l’avoir expliquée dans un ouvrage que je recommande pour tous les apprentis scénaristes : Scénario. C’est vraiment une lecture essentielle lorsqu’on souhaite écrire des scénarios.

Que penses-tu de la structure en 3 actes ?

Sébastien : Cette structure est essentielle. 90% des scénarios sont construits selon ce modèle-là. Il est inné chez l’être humain. Je l’explique d’ailleurs dans mes cours. Tout est construit en 3 actes dans notre vie. On est jeune, on vit et on a la vieillesse. Le matin, la journée, la soirée. Tout est construit selon ce modèle des 3 actes, c’est quelque chose qui est en nous. Godard le disait. Il y a un début, un milieu et une fin dans une histoire ; même si ce n’est pas forcément dans cet ordre-là. Il est donc très important de connaître ce « paradigme » comme le dit Syd Field. Et après, une fois qu’on le maîtrise bien, on peut s’aventurer à le démonter et à poser autre chose. Je pense que c’est effectivement important de maîtriser ses classiques et ses codes, avant de pouvoir se lancer dans l’aventure de la déconstruction.

Si tu avais un conseil majeur à donner à ceux qui veulent se lancer en tant que docteur script ou même en tant que scénariste, ce serait lequel ?

Sébastien : Alors je vais donner les mêmes conseils que je donne à mes étudiants.

Premièrement, voir des films. Je m’inspire une nouvelle fois de Godard. C’est lui-même qui a dit que si l’on souhaite apprendre le cinéma, il faut voir des films. Comprendre le travail des autres avant de pouvoir soi-même essayé de proposer quelque chose.

Deuxièmement, si c’est pour devenir précisément script doctor ou scénariste, je conseille de lire également. Développer sa curiosité et sa culture. Parce que le travail de script doctor et de scénariste sont des métiers de l’écrit. Donc il faut savoir écrire et savoir lire. Comprendre les choses qu’on nous propose.

Troisièmement, je conseillerais aussi de lire beaucoup d’ouvrages de psychologie. Lorsqu’on travaille avec quelqu’un et qu’on doit l’aider à débloquer des mécanismes pour pouvoir lui faire sortir une histoire de ses tripes, il faut être un peu psychologue. Il faut savoir comprendre son interlocuteur, et justement aller à travers ce qu’il nous raconte sur lui, sur sa vie. Analyser son scénario pour savoir quelle est la part de son vécu qu’il est en train d’essayer de retranscrire. Est-ce qu’il parle de son enfance ? De son rapport aux femmes ? De son couple ? De ses parents ? Et si vous parvenez à déceler ce genre de choses, vous pouvez permettre à cette personne de se débloquer et à mieux écrire son histoire.

Un bon script doctor est psychologue.

N’hésitez pas à visiter le site officiel de Sébastien Boatto pour plus d’informations :

www.docteur-script.com



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