Comédien depuis 20 ans, Erwan Madec nous parle de son expérience.

 

Description / Transcription :

Aujourd’hui, j’ai l’honneur d’interviewer Erwan Madec, gérant de la société Kergraal , implantée en Bretagne à Saint-Pol-de-Léon exactement.

Je vais commencer simplement par ton parcours Erwan, est-ce que tu peux te présenter et nous parler un petit peu de toi jusqu’à la création de Kergraal ?

Erwan: Pour démarrer je dirai que je ne suis pas du tout né dans un milieu artistique, mais très tôt je faisais un rêve récurrent, je voyais des personnages sur scène, des mises en scène, des choses comme ça, étant enfant. Ce désir s’est un peu étiolé par différentes obligations que la vie m’a imposées. J’ai travaillé pendant 9 ans dans la restauration mais j’avais toujours ce désir, malgré le fait que je ne pouvais pratiquement pas aller au cinéma, parce que c’était le cas. La restauration est un métier très prenant: on travaille en après-midi et le soir ; le cinéma en général c’est en après-midi ; mais le désir n’a fait que s’accentuer malgré tout. Ce premier désir a été d’être comédien. Quand j’étais dans le milieu des affaires, la restauration à Paris, à un moment donné je me suis dit : qu’est-ce que je veux vraiment faire de ma vie ? J’avais oublié un petit peu ce rêve et c’était vraiment un cri du cœur: Je veux faire du théâtre!

Dix secondes plus tard j’ai rencontré Gérard Depardieu, rue du Cherche-Midi à Paris. Ce qui était étonnant c’est que j’avais sur moi un livre que m’avait passé ma fiancée de l’époque, livre de Cyrano de Bergerac avec la photo de Depardieu. C’était vraiment une coïncidence très forte qui confirmait en fait ce désir. Peu de temps après je croise quelqu’un dans un café, il me dit « tu fais du théâtre ? », je dis « Non », et il me dit « mais tu devrais », puis il m’a emmené à son cours, m’a présenté à sa prof, elle me pose une question très directe et me dit « Vous voulez être acteur ? » je dis « Oui », elle m’a dit « Lisez-moi un texte », j’ai lu un texte de Jacques Prévert que j’avais sur moi, elle a vu ma sensibilité et elle m’a dit « on peut faire quelque chose ». Et je me suis formé pendant deux ans sur les classiques, les grands textes de théâtre français et international, particulièrement anglais américain, allemand et tous les grands textes français, tous les grands auteurs. Ça a été une période très riche, très dense où je ne faisais que ça : je travaillais le week-end, du vendredi soir au dimanche soir dans un restaurant et le reste du temps était consacré au théâtre; j’étais devenu un moine du théâtre, plus de boîte, plus de cigarette, plus d’alcool, je ne faisais que ça.

Cette dame là a immédiatement perçu en toi un potentiel ?

Erwan: Immédiatement c’est ça qu’elle a vu et elle s’est dit : on peut faire quelque chose. Elle ne savait pas ce que ça donnerait mais elle voyait que j’avais une sensibilité. Après c’est clair que la sensibilité ne suffit pas, on peut faire l’impro ou même du théâtre, sentir qu’on a des émotions, qu’on a des trucs, qu’on sent quelque chose, etc. Et on croit qu’on est un acteur. Ce n’est pas ça du tout. Par exemple moi j’avais dans mon cours de théâtre quelqu’un qui était très doué, que j’ai contacté il n’y a pas très longtemps, il ne fait plus ni le théâtre ni le cinéma, il ne fait rien, il est technicien et ça lui manque terriblement. Il avait plus d’atouts que moi au départ mais ensuite il y a une constance, il y a un travail, après il faut une aptitude, et cette aptitude est quelque chose qu’on doit travailler régulièrement, travailler son art. Quand on pense qu’une chanteuse d’opéra travaille sa voix 6 heures par jour, je pense que la plupart des comédiens ne s’entraînent pas 6 heures par jour. Et après c’est une question de temps, un comédien aujourd’hui passe beaucoup de temps à faire des recherches à prendre des contacts, etc. Mais on ne doit pas négliger le fait de travailler sa sensibilité, ses émotions…

Tu dis qu’il faut bosser son réseau et en même temps travailler sa comédie. À quelle proportion pour l’un et pour l’autre ?

Erwan : Je pense que pour être bien il faudrait un minimum de 12 heures ou 15 heures par semaines pour bosser quand on est dans une période où on ne joue pas. Je pense que vous pouvez être tout le temps en train de travailler. En tant que comédien, c’est ça aussi la richesse : on observe des gens, on rencontre des gens, et pour moi le théâtre c’est une rencontre avec un texte, c’est une rencontre avec un personnage ou des personnages, et les rencontres dans la vie nous touchent, nous affectent d’une manière ou d’une autre ; et un personnage ou un texte nous affecte d’une manière ou d’une autre. C’est cette chance du métier de comédien qui est une grande richesse de psychologique, spirituelle, humaine. On peut tout le temps être en train d’explorer, de recevoir les choses, s’en nourrir, quelque part c’est un développement permanent, on n’a jamais fini de s’enrichir. Par exemple je donne des cours, je fais des formations et j’invente pratiquement des exercices à chaque séance. Les exercices partent toujours des mêmes bases, soit la relaxation, la réactivité, la présence, les émotions, l’écoute. On retrouve toujours les mêmes bases que ce soit dans le travail de l’acteur au Japon, en Russie, aux Etats-Unis, en Angleterre, en Pologne. Quand on lit des livres de Jouvet aussi, c’est le travail de l’acteur, on retrouve toujours une base commune. Mais après chaque acteur ou chaque groupe d’acteurs étant différent, émergent des choses différentes et à chaque fois des choses nouvelles me traversent moi personnellement et j’obtiens un nouvel exercice.

Il y a deux méthodes qui se distinguent : l’Actor studio, où on s’imprègne du personnage, et la méthode beaucoup plus profonde de Stanislavski où on va chercher les émotions dans le mémoriel etc. Tu te reconnais plus dans quelle méthode ? parce que tu dis que chaque comédien a sa manière de fonctionner…

Erwan : Je dirais que pompe dans tout : par exemple s’il y a des personnages qui ont une expérience et un profil communs aux miens, ou des expériences qui se rapprochent des miennes, je vais me servir de ma mémoire, de mes expériences ; si je suis très éloigné du personnage, si mes expériences sont très éloignées de ce personnage, je vais plutôt me servir de Sandford Mesneir, un vrai travail d’imagination mais que je vais aussi utiliser dans la méthode de Stanislavski. En fait je ne crée pas d’opposition, même si beaucoup critiquent ce qu’on peut apprendre dans les méthodes françaises. J’ai lu des livres quand j’étais comédien, comme Le Comédien Désincarné (Louis Jouvet), les livres de Stanislavski, de Tchekhov, etc. Et je les relis encore par moment, et il y a des choses pour lesquelles il n’y a que l’expérience qui me permet aujourd’hui de comprendre totalement des choses que je croyais avoir comprises avant. En fait je n’avais compris qu’une partie, intellectuellement, c’est ce que dit d’ailleurs Jouvet. Il parle de l’expérience physique, et aujourd’hui je pense qu’aucun formateur digne de ce nom ne me contredira. C’est d’abord une expérience physique, et c’est par le physique d’un acteur est présent. Et les acteurs qui marquent le plus l’histoire du cinéma ce sont les acteurs physiques, Marlon Brando, James Dean, Dicaprio. Je pense que je ne vais pas faire de guerre d’école. Ce qui est bon c’est ce qui fonctionne pour soi. Il y a des fois où je pars plus de l’atmosphère, je vais aller de l’atmosphère, de la pièce, et descendre tout doucement et plus profondément vers les personnages. On peut partir aussi du coffrage des personnages.

Qu’est-ce que tu appelles le coffrage ?

Erwan : Le coffrage c’est le physique, c’est-à-dire l’attitude, ce que dégage une personne. On part de l’attitude physique. Les russes partaient de cela, Stanislavski en parle dans la construction du personnage. A partir du physique, la voix émerge. C’est une nouvelle voix. Ça me fait rebondir sur comment travaillent les imitateurs : ils observent la personne à imiter, ils regardent comment il respire, etc. et tout d’un coup c’est par le physique qu’une voix juste et ressemblante émerge. Ils ne comprennent pas tout de la personne, et petit à petit après il y a une compréhension par le physique que dégage une personne qui fait qu’on arrive à mieux la comprendre. Finalement si on observe bien les gens quand on les rencontre, on a quelque chose de leur histoire et ça passe par le physique et non par quelque chose d’intellectuel. Ce que je conseillerai à un jeune comédien c’est de ne pas se cloisonner dans une méthode et du coup il sera beaucoup plus imaginatif, plus créatif que s’il veut suivre absolument une méthode au pied de la lettre. Je pense qu’il faut être libre de tout, ne rien se refuser. Les russes partaient beaucoup de l’atmosphère, ils visaient l’atmosphère, je trouve que c’est une bonne méthode.

Les Actors studio aujourd’hui, en tout cas celui de la côte ouest de Joan Baron et de DW Brown, sont beaucoup plus axés sur l’exercice de la répétition. Pendant un an les acteurs travaillent beaucoup plus sur cet axe là. C’est un exercice dans lequel deux acteurs sont face à face, on perçoit la personne d’en face, on a une vue d’ensemble de cette personne et on a une réaction par rapport à cette personne par exemple « tu es fatiguée », et l’autre n’a de choix que de dire « oui, je suis fatigué » ou « non, je ne suis pas fatigué », c’est d’affirmer ou de dire l’inverse, d’être d’accord ou de ne pas être d’accord. On ne doit pas rentrer dans les questions du genre « pourquoi tu me dis ça ?» car les questions déconnectent des émotions. Le but de cet exercice est de ne pas intellectualiser. Je pense, maintenant que je le pratique et que je le fait pratiquer dans mes cours, que c’est un exercice qui approfondit les émotions. Être plus réactif et faire confiance aussi à son corps, c’est très important. Le fait de ne pas avoir à se concentrer sur l’importance de la phrase permet d’être totalement à l’écoute de son partenaire et totalement à son écoute à soi. Quand on arrive bien à faire l’exercice on est vraiment dans cet échange émotionnel qui va au delà des mots. Une phrase dite d’une manière ou d’une autre, avec les mêmes mots, n’a plus le même sens.

C’est normalement une porte ouverte, mais ce n’est pas si évident que ça pour tout le monde.
Quelque part quand on regarde un film étranger dont on ne connaît pas la langue, ça peut être très amusant de voir si l’émotion passe, et si on peut la comprendre, la sentir. On ne va pas comprendre tout, bien entendu, mais on va comprendre beaucoup de choses si l’acteur est vraiment présent. Le théâtre que j’aime, c’est celui où les mots deviennent de la chair ; un bon acteur c’est un acteur qui incarne, qui est physique, les mots deviennent une force. Dans une société où on communique beaucoup, les mots sont parfois menteurs ; je pense que ce qui compte c’est que les mots soient en lien avec le corps et qu’ils disent quelque chose de la personne. Peter Brook a cette très belle définition pour dire ce qu’est un acteur et un non acteur : « l’acteur c’est celui qui va faire le lien entre son imagination et son corps » et Messmer dit la même chose de manière plus explicative. Je pense que cette phrase est très simple et très claire.

Faut chercher à mettre de côté le lien émotionnel et viscéral…

Erwan : On peut finalement donner plein de définitions au travail de l’acteur : un acteur c’est quelqu’un qui sait écouter et qui sait répondre, c’est quelqu’un qui peut faire le lien entre l’imagination et son corps… quelque part on fait un rêve éveillé c’est-à-dire le rêve n’est pas forcément vrai mais on a des émotions qui le sont, le personnage est peut-être une fiction, il n’est pas vrai mais il nous dit quelque chose de vrai. C’est dans cette vérité, cette réalité qu’il faut arriver à rentrer et à ne plus dire « moi et le personnage» mais « moi le personnage », dans le sens où on ne dit plus « Je joue Yago » mais « Je suis Yago ». L’acteur qui arrive à faire ça nous donne une interprétation du personnage qui fait qu’on ait envie de voir et de revoir le film même si on connaît le scénario. J’ai plein de films que je pourrai revoir et revoir parce que les acteurs sont exceptionnels.

Les acteurs s’imprègnent beaucoup des vrais personnages ?

Erwan : Oui, des acteurs comme Lewis, Dicaprio… Être acteur c’est aussi avoir cette exigence d’arriver à ce niveau là ; c’est ne pas se contenter d’être un bon acteur pour sa ville ou son cours de théâtre, c’est d’essayer d’avoir un niveau international. Si un jour vous jouez avec des acteurs connus, ils ne faut pas qu’ils se disent que vous êtes à coté de la plaque.

Je comprends, il faut se donner à fond…

Erwan : Mais après ça ne veut pas dire qu’il faut viser le fait de jouer avec eux forcément. On peut jouer avec d’autres qui sont aussi bons, qui sont un peu moins connus, en tout cas d’avoir cette exigence d’être dans l’ouvrage, dans l’artisanal. Ici c’est comme un Michel-ange qui sculpte quelque chose, moi je dois sculpter un personnage, je dois le ciseler, être précis, connaître son histoire, savoir ce qu’il mange au petit déjeuner, comment il vit, comment il aime.

En fait, au-delà de la construction tu entres vraiment dans une démarche de développement personnel, mais dans ton personnage ?

Erwan : Oui, mais je n’ai pas vu ça comme ça mais c’est vrai que c’est un développement personnel, c’est évident. Plus un acteur est lui-même, plus il se connaît, plus il va pouvoir se plonger sans se perdre, dans le personnage. Il peut se noyer dedans et avoir suffisamment d’oxygène pour sortir de l’eau. Ce que je veux dire par là, par rapport à ce que je disais au départ, c’est qu’un personnage c’est une rencontre. Et si on veut vraiment incarner ce personnage il faudra le rencontrer à tous les niveaux : physiquement, spirituellement, psychiquement, émotionnellement, il faudra le rencontrer corps et âme. Il y a des personnages qui sont des vrais tyrans, des vraies pourritures, des tueurs, mais si on se connaît bien, si on sait qui on est, si on a une vie saine, on peut y aller à fond. C’est un peu comme faire du saut à l’élastique, on en ressortira. Mais on ne sera pas indemne, quelque part on aura fait une rencontre mais après on sait – c’est le métier – ça peut être une expérience troublante. C’est pour cela que c’est important de bien se connaître. Dans nos formations avec les plus jeunes, je les averti qu’il est important de bien se connaître, il ne faut pas « se prendre pour », mais on est obligé de « se prendre pour » le temps du travail et jouer le jeu sinon on va faire une interprétation qui va être mièvre.

Donc l’idée, c’est de ne pas de se mentir à soi-même ?

Erwan : C’est ça. Même si j’ai de l’admiration pour lui, François Perrier avait écrit un livre qui s’appelle « Profession menteur », et même Shakespeare nous dit de manière différente que « le comédien est le seul hypocrite sincère ». Il y a quelque chose de vrai là-dedans, mais en même temps l’acteur ne peut pas se mentir. Pour avoir des émotions vraies il faut être vrai simplement. Bien sûr qu’il s’agit de faire croire, mais en même temps, pour faire croire il faut être vrai. Moi je vois les choses de cette façon, mais après il y en a qui vont me dire autre chose.

Il faut être vrai mais il faut avoir l’impression d’être faux, c’est un peu un travail de schizophrène…

Erwan : C’est un travail un peu schizophrène peut-être, mais schizo que je ne freine pas.

C’est la fin de cette première partie. La seconde partie sera publiée d’ici peu et sera entièrement consacrée au développement d’une société de production. Erwan Madec nous donnera plus de détails sur son travail.

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1 commentaire
  1. KaOu 1 année ago

    C’est un échange intéressant , merci pour l’interview !

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