L’anatomie du scénario selon Pixar. Règle n°11 : La stratégie de l’échec.

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VOTRE PREMIER COURT-METRAGE EN 5 SEMAINES

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Vous avez une idée de scénario en tête, et vous aimeriez la concrétiser ?

La structure narrative vous intéresse, mais vous avez du mal à savoir comment enrichir votre histoire et maîtriser les notions dramaturgiques ?

Vous avez peut-être déjà lu des tonnes d’informations sur le sujet…

En réalité, vous cherchez simplement une synthèse de ce qui se fait de mieux en matière de storytelling.

Lorsque j’ai commencé à écrire les scénarios de mes premiers courts-métrages, c’était… hmm comment dire… intéressant 🙂

Je ne réalisais pas à quel point la structure et la dramaturgie pouvait m’influencer dans mes choix narratifs.

Et un jour je suis tombé par hasard sur les « 22 règles de storytelling selon Pixar »

Je me suis tout de suite dit : « Ok ! Ces gens-là seraient les premiers que j’écouterais, si je me lançais le défi insensé d’écrire le meilleur scénario du monde » (ouais rien que ça ! 😀 )

Mais à ce moment-là, je n’avais pas réalisé que ce que j’avais sous les yeux n’était qu’un bref aperçu de ces règles…

Un résumé extrêmement succinct, relayé sur de nombreux blogs et magazines que ne sont jamais vraiment intéressés de plus près à ces règles.

Notamment sur la bonne manière de les interpréter…

Avant de les publier à mon tour sur ce blog, j’ai d’abord essayé de remonter à la source.

C’est là que j’ai découvert que Stephan Vladimir Bugaj, ancien « Technical director » de chez Pixar (Les indestructibles, Cars et Wall-E), a écrit un livre entier pour revenir sur ces fameuses 22 règles.

Il tente notamment de clarifier les choses et d’y apporter une interprétation un peu plus juste.

Devant la richesse de cette nouvelle approche, je n’ai pas pu m’empêcher de contacter ce Stephan.

Je lui ai demandé si je pouvais en faire une traduction française officielle, et la publier sur mon blog.

Devinez ce qu’il a répondu… 🙂

Dans cette série de 22 articles, je vous propose de redécouvrir chacune des règles du storytelling selon Pixar, en adoptant un tout nouveau point de vue.

Note importante : La traduction qui suit est directement issue des propos de Stephan Vladimir Bugaj.
Le « Je » est donc celui de l’auteur à l’origine de l’œuvre.

Règle n°11 :

Mettre les choses sur papier, vous permet de les corriger.
Si vous avez une idée parfaite, mais qu’elle reste dans votre tête, vous ne la partagerez jamais avec personne.

Cette règle expose un excellent conseil, même si celui-ci peut vous sembler évident et sans grand intérêt. Comme je le mentionnais précédemment, en pratique, la « paralysie du perfectionnisme » est une des pires menaces auxquelles peuvent faire face les artistes. Cette notion revient d’ailleurs assez souvent dans l’analyse de ces règles, car elle représente un problème souvent difficile à surmonter.

Précédemment, je tentais de définir la source de cette douleur que ressente les artistes, de la manière suivante : « Ne laissez pas la perfection être l’ennemi du bien ». Cette règle, revient en partie sur cette idée, puisqu’elle préconise en fin de compte de ne pas se sur-investir dans quelque chose en essayant d’atteindre un objectif inatteignable. Il est en effet préférable d’éviter ce type de démarche créative.

Mais cette idée de ne pas s’obstiner par rapport à la notion de perfection, implique aussi une autre vérité. Celle qui doit nous pousser à considérer un cran plus loin, ce que nous tente de nous faire comprendre ce conseil :

« Ne laissez pas la perfection être l’ennemi du moins bien ».

Dans l’idée de créer quelque chose de bon, peut-être même de génial, vous devez avant tout vous confronter à une version inintéressante de votre travail, afin de pouvoir mettre de côté ce qui vous semble mauvais.

Ensuite seulement, vous pourrez lui donner une forme de plus en plus aboutie.

Comme le dit Ernest Hemingway :

« La première version de n’importe quelle histoire ou de n’importe quoi d’autre, c’est de la merde. »

Si une personne vous dit le contraire, c’est soit qu’elle vous ment, soit qu’elle a un de ces rares moments de grande inspiration, qui l’amène à penser que ce genre de considération peut être discutable. Elle ne l’est pas ! Sachez donc aller au-delà et prendre plaisir à entamer le processus de réécriture, car « toute nouvelle écriture, est une réécriture ! » (comme un milliard de personnes l’ont déjà mentionné).

Ne pas laisser la perfection être l’ennemi du mauvais, est simplement aussi important que de que ne pas laisser cette perfection être l’ennemi du bien. Vous devrez échouer avant de réussir. Et la peur de l’échec empêche souvent les gens de se confronter au moins à l’essai.

Bon nombre de mes amis sont passés par l’école d’art très réputée CalArts (California Institute of Arts). Beaucoup d’entre eux ont évoqué un de leur professeur de dessin en particulier. Celui-ci dirait apparemment à ses étudiants la chose suivante :

« Vous avez tous cinq mille mauvais dessins en vous. Dans mon cours, je vais justement vous amené à les faire sortir de vous, un par un, en les couchant sur le papier. »

(notez qu’il s’agit peut-être d’une rumeur, puisque personne ne parvient à se souvenir du nom de ce professeur).

Qu’il soit question d’un dessin, d’une musique, d’un scénario ou d’un film, il est donc toujours largement préférable de vous forcer à sortir quelque chose, même de mauvais, plutôt que de ne rien faire.

Bien entendu, vous aurez ensuite besoin de corriger ce que vous aurez pu en tirer, car le travail de finition est la clé de toute forme d’art.

Néanmoins, il peut aussi arriver que vous ne puissiez pas apporter de corrections à votre création. Cela pourrait impliquer de devoir abandonner une idée ‘parfaite’, en vous rendant compte qu’elle n’est pas si intéressante qu’elle en a l’air par rapport à votre sensibilité. Cela peut également vouloir dire que vous aurez besoin de revenir dessus, seulement lorsque vous aurez de quoi faire de cette idée ce que vous en attendez réellement. Mais tant que vous allez de l’avant que vous chercher à travailler sur vous-même, vous ne cesserez de faire évoluer vos aptitudes de storyteller.

Mais d’où vient cette obsession que nous avons pour la perfection ?

Celle-ci vient en fait de la manière que nous avons d’interpréter ce que le monde extérieur perçoit de nous-même. Autrement dit, la paralysie du perfectionnisme vient de notre tendance à nous comparer aux autres.

À titre personnel, il m’est arrivé de sympathiser avec plusieurs scénaristes et musiciens de haut niveau. Leur travail m’inspire énormément. Celui-ci me pousse à toujours vouloir donner le meilleur de moi-même. Cela ne veut pas dire que j’ai envie de les copier pour autant. Je cultive plutôt ce que cet échange avec eux, peut m’apporter sur le plan professionnel. Il ne s’agit pas non plus d’amitié, car l’amitié ne se construit pas sur l’idée d’obtenir, mais sur celle de donner avant tout.

C’est lorsque je me compare directement à ces personnes, que je peux effectivement resté bloqué.

Si je me persuade que je ne peux pas écrire un scénario tant que je ne suis pas certain que ce dernier sera au moins aussi bon que celui de Mr. X ou Mme Y. (idem pour n’importe quelle œuvre d’art), c’est que ma démarche créative n’est pas orientée de la bonne manière. Je dois avant tout, m’arrêter et prendre le temps de comprendre par moi-même, que le fait de voir les choses de cette manière, ne m’amènera jamais à d’autre issues que celle de ne rien entreprendre.

Je ne peux pas faire la même chose que ce que font Mr. X ou Mme. Y. Tout simplement parce que je ne suis pas eux.

Rien ne dit que je serais meilleur ou moins bon qu’eux. Je peux même être moins bon que ces personnes le sont dans leur artisanat. Que ce soit sur certains points spécifiques ou sur tous. Je ne serais peut-être jamais aussi expérimenté qu’eux, mais je reste moi-même, une personne à part entière.

En réalité, toutes les idées que nous nous faisons de la perfection de manière générale, viennent de l’analyse personnelle que nous pouvons porter sur des personnes qui nous inspirent et que nous idolâtrons. Il s’agit souvent de personnes qui apportent à notre discipline artistique, des choses qui reflètent précisément nos faiblesses. Ce qui rend encore plus difficile l’achèvement de cet idéal de perfection.

S’obstiner pour la perfection, c’est en fait s’auto-saboter. Cet état d’esprit implique de ne pas vous autoriser à faire quelque chose de concret, tant que vous n’avez pas « perfectionner » toutes les aptitudes de votre artisanat, dans lesquelles vous estimez avoir le plus de difficultés. Tout ça est finalement un cercle vicieux, car vous ne pourrez jamais améliorer ces aptitudes sans passer à l’action. Même pour faire quelque chose d’imparfait !

Donc autorisez-vous à faire quelque chose de mauvais. Ensuite , corrigez, affinez et améliorez votre travail. Même en arrivant au bout de ce processus, une bonne partie de ce que vous aurez laissé derrière vous, ne reflétera toujours pas ‘ce que vous pourriez faire de mieux’.

Cette idée ne prend pas uniquement en compte la chronologie de votre travail en mettant simplement en opposition vos œuvres les plus récentes avec celles qui sont plus anciennes. Il s’agit en effet de considérer l’ensemble des cas de figure possibles vis-à-vis de l’évolution de la qualité de votre travail, de manière générale. Il va de soi que votre travail le plus ancien est, en moyenne, moins bon que votre travail le plus récent. Cela s’explique évidemment par le fait que vous devenez potentiellement de plus en plus expérimenté. Mais il peut aussi arriver que votre dernière création soit un échec.

L’apprentissage n’est jamais terminé. Mais la seule façon d’apprendre, est d’essayer, en acceptant l’idée que vous pouvez échouer. Il vaut mieux voir les choses de cette manière. Même si vous êtes un expert, l’échec est toujours une possibilité.

Pour simplifier les choses, regardez par exemple comment fonctionne le baseball. D’ailleurs, s’il fallait retenir une seule chose essentielle en tant qu’auteur, c’est que vous pouvez tout comparer au baseball.

Les équipes de baseball jouent plus de 150 matchs par saison. Ce qui en soi, leur octroie une sacrée expérience ! Ne serait-ce que pour une saison seulement. Les Cubs de Chicago, ont gagné 77% de leurs matchs. Et il s’agit du meilleur pourcentage de victoires jamais enregistré dans toute l’histoire du baseball. Mais les Cubs ont aussi perdu les World Series avec 33% de leurs matchs réguliers. Seulement 14 équipes les ont remporté avec 70% de matchs réguliers, de toute l’histoire !

Ted Williams n’a atteint la seconde base que dans 48% des cas où il a été batteur.. Et il s’agit là du meilleur record jamais enregistré ! Cela signifie que Ted Williams, la plus grande menace qui ait foulée un terrain de baseball de toute l’histoire, à échouer plus d’une fois sur deux.

Dans une équipe de ligue, la moyenne d’échecs de chaque joueur, est environ de 65%. Un taux de 65% d’échecs est considéré comme un bon score pour établir une carrière professionnelle en tant que frappeur.

À chaque fois que vous arrivez sur le terrain dans une nouvelle discipline, vous risquez l’échec. Les véritables professionnels, sont ceux qui continuent à revenir sur le terrain quoi qu’il arrive, dans le but de s’améliorer. Les meilleurs sont ceux qui n’abandonnent jamais. Ils apprennent de chaque erreur, avec une combinaison de persévérance, de précision, et qui pousse leur chance toujours plus loin.

Bien entendu, il y a énormément de différences entre le sport et une discipline artistique. Mais l’idée de base est la même. Vous devez accepter le risque d’échec, afin de continuellement évoluer dans le bon sens. Lorsque vous rencontrez un échec sur votre route, continuez, persévérez, et revenez sur le terrain tant que vous n’avez pas atteint votre cible. Mais gardez aussi toujours à l’esprit qu’il est important de continuer à étudier, à pratiquer et à vous améliorer dans votre art en parallèle.

Pour aller plus loin...

Écrire et présenter un scénario est une tâche assez délicate n'est-ce pas ?
Si vous êtes d'accord avec ça, la suite devrait certainement vous intéresser...

Dans l'idée de vous aider à préparer votre prochain projet cinématographique de façon professionnelle, je vous propose un pack de 2 vidéos + 3 documents.

Je vous accompagne dans la présentation professionnelle de votre scénario

Le pack contient :

  • 1 vidéo dans laquelle nous verrons pourquoi la mise en forme d'un scénario est-elle si importante ?
  • 1 mise en pratique, dans laquelle je corrige avec vous la mise en forme d’un scénario.
  • La checklist qui récapitule toutes les étapes de mise en forme.
  • 1 scénario d’exemple. Disponible en 2 versions, (avant et après correction).

L’offre prend fin dans :

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Dans l'idée de vous aider à préparer votre prochain projet cinématographique de façon professionnelle, je vous propose 2 vidéos gratuites.

  • 1 vidéo dans laquelle nous verrons ensemble les bases de l'écriture de scénario.
  • 1 mise en pratique, dans laquelle je vous montre les outils et logiciels utilisés par les pros.

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