9 solutions pour financer un film (dont 3 radicales)

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VOTRE PREMIER COURT-METRAGE EN 5 SEMAINES

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Vous avez un projet de film sous le coude et vous aimeriez le financer ?

Vous ne savez peut-être pas quelles sont les solutions possibles. Une seule chose est certaine : vous tenez vraiment à faire ce film !

Eh bien accrochez-vous ! Je vous ai fait cet article avec pour objectif de vous proposer une liste complète des solutions de financement envisageables. Certaines sont assez conventionnelles et vous les connaissez peut-être déjà, mais vous verrez que d’autres sont nettement plus « radicales » 😀

1. Le circuit de production standard

Cette solution consiste ‘simplement’ à faire appel au CNC, aux boites de production.

Le CNC vous donne en général ce qu’on appel une avance sur recettes.  Cette avance se justifie bien entendu par le fait qu’une exploitation commerciale du film est prévue. Cela vous permet donc de concrétiser votre œuvre avant même que celle-ci ne génère un seul centime.

Les productions et coproductions peuvent faire appel au CNC, mais également à des organismes de soutiens ou à des chaînes de télévision.

Celles-ci achètent en général votre film avant sa création, notamment pour obtenir le droit de le diffuser en exclusivité.

2. Les subventions et les aides.

Les subventions et les aides, peuvent être proposées par des administrations comme les mairies, les collectivités locales, ou les organismes culturels.

Il existe aussi les soutiens aux nouveau talents comme le défi jeune par exemple. Le Cosip, le prix de qualité, l’aide à l’écriture ou à la réécriture si vous souhaitez pouvoir financer votre film à partir de la création du scénario.

Enfin, les aides intègrent également les domaines de la musique et des technologies multimédia. On trouve notamment la Dicream (Dispositif pour la Création Artistique Multimédia), le Grec (Groupe de Recherches et d’Essais Cinématographiques), l’Adami (pour les comédiens), le Procirep (pour les projets d’intérêts collectifs) et la section Courts-métrages de UniFrance.

3. Le financement participatif.

Dans le financement participatif, vous pouvez trouver aussi bien des productions ou des coproductions, mais également des coparticipations comme le SOFICA (Sociétés de financement de l’industrie cinématographique et de l’audiovisuel).

Je parle souvent du crowdfunding sur mon blog, mais il ne faut pas oublier le crowdsourcing. Son principe n’est pas de récolter de l’argent mais des moyens humains et matériels. Vous considérez donc que les gens peuvent représenter une valeur beaucoup plus importante que l’argent, dans le cadre de votre projet.

4. L’investissement participatif.

À ne pas confondre avec le financement participatif. Cette fois-ci vous considérez que chaque personne est un investisseur et donc officiellement un producteur par extension. Vous leur donnez un droit de se prononcer et de réclamer un pourcentage sur les futures recettes du film.

Darren Aronofsky est un des pionners de l’investissement participatif. Pour financer le film Pi (1998), il a en effet lui-même demandé 100 dollars à toutes les personnes qu’il connaissait, en envoyant des courriers par voie postale. Il leur expliquait la situation du film et leur proposait de devenir des coproducteurs, dans le cas ou ces personnes souhaiteraient contribuer au financement. Une centaine de soutiens d’une valeur moyenne de 150 dollars ont été récoltés. Au final, Aronofsky a donc pu récupérer 15.000 dollars pour son film.

Tout comme le crowdfunding, l’investissement participatif permet de favoriser l’essor d’une communauté autour d’un projet. Dans le cas de ‘Pi’, le réalisateur a d’ailleurs lui-même déclaré qu’il était persuadé que les recettes de la première semaine, avaient été grandement favorisées par l’engagement de tous les financeurs.

5. Faire du sponsoring.

L’idée du sponsoring est de trouver des partenaires publicitaires et faire par exemple du placement de produits. Bien entendu, il ne s’agit pas de chercher des partenaires trop importants ou trop prestigieux. Le sponsoring peut être fait à un niveau très raisonnable comme celui d’une production totalement indépendante.

Si par exemple vous avez en tête de tourner dans une épicerie locale, le gérant pourra sans doute apporter une valeur non négligeable au cours de la production. Il peut s’agir de prendre en charge les repas de la journée pour votre équipe ou d’une autre démarche dans cet esprit-là.

C’est donc l’occasion de réduire les coûts de production d’un film et peut-être même de ne rien avoir à payer en numéraire.

6. Les royalties conditionnelles.

Avec cette solution, on s’approche déjà de la frontière qui sépare le financement ‘conventionnel’ du financement ‘non conventionnel’. 🙂

Cela consiste à ne pas rémunérer les personnes impliquées dans le projet, sauf si les recettes du film dépassent un certain seuil lors de son exploitation.

Si vous aviez un film à faire, vous pourriez donc dire à toutes les personnes qui s’impliquent dans la production, qu’elles ne seront payées que dans le cas où le film générerait un seuil minimum de 10.000 euros, par exemple.

Bien entendu, leur rémunération peut s’exprimer en salaires (au forfait ou à la journée selon les contrats). Mais les royalties impliquent par définition, un revenu proportionnel à un certain pourcentage des recettes du film.

Ben ouais, qu’est-ce que vous voulez hein ? On prend des risques ensemble ou pas du tout ! 😀

7. Le milliardaire.

Pour bien comprendre les enjeux de cette solution, il faut que je vous raconte une histoire vraie, que j’ai découverte récemment…

C’est l’histoire de James Toback, un cinéaste américain qui voulait réaliser un documentaire intitulé ‘The Big Bang’ (je vous laisse devinez le sujet ^^). Ce gars-là a tenté le tout pour le tout en essayant de convaincre un milliardaire de financer son film… Et ça a marché !

Pour convaincre le milliardaire, le cinéaste a déclaré la chose suivante :

« Deux ans après votre mort, la seule raison pour laquelle on pourrait se souvenir de votre présence sur cette planète, c’est que votre nom soit au générique de mon documentaire en tant que producteur »

Au final, le milliardaire lui a donné 400.000 dollars pour lancer la production de son film.

James Toback déclare que si ce type d’approche peut fonctionner, c’est avant tout parce que la crainte des gens qui ont énormément d’argent, n’est pas de le perdre, mais de se perdre eux-même. Ils ressentent une forme de frustration par rapport au fait de pouvoir aider les autres et laisser quelque chose derrière eux.

Le cinéaste nous met quand même en garde sur un point en particulier. Il est parvenu a convaincre un milliardaire qui ne connaissait pas du tout le monde du cinéma. Un homme d’affaire qui a réussi, est généralement associé à un domaine plus pragmatique avec les chiffres (Wall Street, Sillicon Valley, etc.). Il l’a donc bien prévenu des risques et des enjeux que représente la production d’un film. Autrement dit, un pari qui est souvent très risqué.

8. Le crédit bancaire.

Bon là… on a déjà franchi la frontière du ‘non conventionnel’ et on arrive dans le territoire ‘underground’ des solutions de financement ! 😀

Vous l’avez deviné, l’idée est de faire un emprunt financier à la banque. Ensuite vous n’avez plus qu’à faire votre film et croiser les doigts pour qu’il vous rapporte au moins autant que ce que vous devez rembourser.

En France, il peut être très difficile de garantir la destination commerciale d’une œuvre cinématographique. C’est la raison pour laquelle cette solution trouve davantage sa place dans un modèle économique comme celui des États-Unis par exemple.

Mais dans le cas où vous auriez déjà une piste relativement solide à ce niveau-là, le crédit pourrait éventuellement devenir une solution envisageable. Même si bien entendu, elle comporte toujours un risque majeur !

9. La roulette russe.

Val Lik, un autre cinéaste indépendant américain, cherchait 10.000 dollars pour faire un documentaire sur la difficulté de la vie quotidienne à New York.

Étant donner le sujet de son film, les producteurs lui ont rapidement tourné le dos. Notamment à Hollywood, où la thématique ne s’accorde évidemment pas du tout avec leurs ambitions.

Il a donc décidé d’emprunter de l’argent aux gens de son entourage, sans leur donner de raison précise ! En gros, il a fait son propre crowdfunding à l’ancienne, et a pu concrétisé son film avec l’argent récolté 🙂

Et devinez quoi… ça a marché !
Le film a fait assez de recettes pour permettre au cinéaste de rembourser toutes ses dettes.

Bien entendu, il déconseille lui-même de s’engager dans une démarche similaire, et insiste sur le fait que si pour lui, la chance à tournée, ça ne sera sans doute pas le cas pour le prochain. Même si au final, ça lui a fait une histoire tuerie à raconter dans la presse 😀

Bon j’admets que si je vous ai mis cette dernière solution dans l’article, c’est surtout pour l’anecdote que je trouve plutôt sympa. Bien entendu, il serait totalement inconsidéré (et sacrément rock’n’roll !) de faire la même chose.

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6 commentaires
  1. OUSMANE diarra 9 mois ago

    J’ai un scénario de film sur le mariage forcé.
    je suis au Mali en Afrique. je n’ai même pas un centine pour la réalisation de ce rêve.
    je veux un coproduction

    • Marc Auteur
      Marc 9 mois ago

      Bonjour Ousmane,

      As-tu déjà réalisé des courts-métrages ?

      C’est très important de t’entraîner sur des formats courts avant de passer à des projets plus ambitieux.
      Même si tu souhaites intervenir uniquement sur la phase d’écriture du scénario.

      De ton côté tu n’as vraiment pas de quoi au moins investir dans un peu de matériel audiovisuel ?
      Car il est toujours intéressant de pouvoir pratiquer. Même pour expérimenter.

      Bien à toi,
      Marc.

  2. Bonjour,
    Je suis journaliste diplomé de l’ESJ de Lille, Mai 1983, 57ème Promotion.
    Grand Reporter d’une télévision publique africaine, je travaille sur un long métrage sur l’Immigration et suis à la recherche de partenaires logistiques et financiers;
    Merci pour vos aimables suggestion.
    A bientôt.

  3. BAHIBO KOKO 5 mois ago

    j ai fait une licence en littérature et occupe une place dans l’administration de mon pays la cote d’Ivoire. Cependant, je n’ai jamais oublie l’écriture qui est ma passion. J’ai un scénario qui traite de certaines formes d’arnaques et de la contrefaçon. Je suis à la recherche de partenaires logistiques et financiers;
    Merci pour vos aimables suggestion.
    A bientôt.

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